Depuis le mois de juillet 2026, un mouvement de grève a démarré à Airbus en Espagne. L’étincelle qui a mis en grève jusqu’à 6 000 salariés sur l’ensemble des sites d’Airbus en Espagne est une lettre du PDG du groupe, Guillaume Faury, dans laquelle il annonçait la réduction du temps de télétravail, avec un ton suintant le mépris qui sous-entendait que les salariés en télétravail se la coulaient douce chez eux.

Le groupe n’est pourtant pas à la traîne : leader mondial de l’aéronautique civile, enchaînant des records de profits d’année en année (5,2 milliards de bénéfices en 2025). La crise du Covid est bien loin pour les actionnaires que la politique du PDG Guillaume Faury favorise d’année en année par une part toujours plus importante des bénéfices reversés en dividendes (2,5 milliards en 2025). En Espagne, Airbus emploie plus de 14 500 personnes, avec notamment 9 000 salariés à Getafe, près de Madrid. Les sites espagnols produisent des pièces pour l’aviation commerciale, mais il s’y tient aussi l’essentiel des activités de la division Defence and Space (production des avions militaires A400m notamment). Cette division est par ailleurs en train de subir un important plan de restructuration pour permettre le projet Bromo (projet de fusion des grands constructeurs de satellites européens pour faire concurrence à Starlink1), sujet d’inquiétude supplémentaire pour les salariés concernés.

Les bénéfices record d’Airbus ne sont pas un hasard. La direction du groupe mène une guerre lente, mais méthodique, à l’ensemble des salariés européens sur leurs conditions de travail. Les tensions internationales sont devenues le paravent de cette politique d’austérité interne. Comme ailleurs, il n’y a d’argent pour rien et les salariés n’entendent que des appels à se serrer la ceinture et à faire preuve de solidarité. 

Le bras de fer commence

Partout en Europe, les techniciens, ingénieurs et cadres font connaître leur mécontentement suite à la lettre du PDG. En Espagne, cette lettre faisait suite à un ensemble de remises en question des conditions de travail, comme l’obligation de poser des vacances en été, la suppression de lignes de bus pour se rendre au travail, la cantine gratuite devenue payante, un système de pénalisation des petits arrêts maladie (système Bradford), et, bien sûr, les salaires qui ne suivaient pas l’inflation.

Mais en France aussi, sa publication sur le site intranet a vu des milliers de réactions et commentaires. Les syndicats français d’accompagnement se sont indignés que l’accord sur le télétravail ne soit pas respecté. La direction d’Airbus a pu facilement répondre que l’accord stipulant que les salariés ont droit « jusqu’à deux jours de télétravail » n’est pas remis en question, cela n’a pas empêché FO, la CFTC et la CFE-CGC de crier victoire. 

Pendant une réunion d’information syndicale, les syndiqués IG Metall d’Airbus en Allemagne disent « non » aux annonces sur le télétravail.

En Allemagne, le syndicat unique IG Metall grogne, mais l’accord qui encadre le télétravail est plus protecteur que dans le reste de l’Europe : plutôt que de devoir faire valider chaque jour de télétravail par son manager semaine après semaine, les salariés conviennent d’une sorte de « contrat » sur une durée plus longue et la direction d’Airbus a convenu rapidement qu’elle ne remettrait pas en question ces « contrats ». Mais même en Allemagne la direction maintient sa volonté d’augmenter le temps de présence sur site et il y a fort à parier qu’obtenir un contrat de deux jours de télétravail par semaine sera de plus en plus dur, y compris en Allemagne. 

Et en Espagne, la réaction est allée plus loin : c’est la grève par milliers ! Au plus fort, il s’est agi de 6 000 grévistes – là où en France, la CGT a appelé à des grèves mais les rassemblements n’ont pas dépassé la centaine de grévistes.

Une grève qui vient des travailleurs

En mars 2026, plusieurs organisations syndicales espagnoles (CCOO majoritaire à Airbus, Sipa et ATP) avaient appelé à la grève pour faire pression lors des négociations salariales. 

Mais le 12 juin, ce sont des salariés en colère suite à la publication de la lettre du PDG qui ont créé un groupe Telegram, où s’y sont regroupés 3000 personnes en moins d’un mois.

Ces salariés s’adressent aux différents syndicats d’Airbus pour qu’une assemblée soit organisée, sans réponse de leur part. Finalement le syndicat Sipa, syndicat local et deuxième à Airbus en Espagne, lance à la surprise générale un préavis d’un mois à partir du 1er juillet.

Rassemblement devant l’usine de Getafe le 1er juillet

Dès le premier jour, il y a 3000 grévistes et la grève partie du principal site d’Airbus à Getafe (9 000 salariés sur 14 000) ne met que quelques jours à s’étendre aux autres sites. Ainsi le jeudi 6 juillet, une pétition qui circulait dans l’usine de San Pablo à Séville a recueilli plus de 700 signatures (un tiers des salariés du site) pour l’organisation d’une assemblée générale.

Le syndicat Sipa était au début le seul à couvrir la grève avec son préavis, obligatoire pour qu’une grève soit légale. Le CCOO, plus fort chez les ouvriers, menaçait initialement d’appeler à la grève en septembre, mais a bien été obligé d’appeler à rejoindre le mouvement le 14 juillet.

Les syndiqués du CCOO votent massivement en faveur de la grève le 14 juillet

Le 16 juillet, dans la ville de Getafe, 4000 salariés défilaient dans les rues jusqu’à l’hôtel de ville. Cela n’était pas arrivé depuis 45 ans selon les organisateurs. La manifestation s’est conclue avec ces mots des représentants des syndicats, bien obligés de noter que c’était une grève particulière : « Cette grève appartient aux travailleurs et les syndicats doivent défendre ce que les travailleurs décident dans les assemblées. »


4000 salariés en manifestation dans les rues de Getafe le 16 juillet

Il y a comité de grève et comité de grève

Fait notable, les grévistes ont dès le début essayé de trouver une forme d’organisation la plus démocratique possible. Des commissions de travail ont été créées (communication, logistique, etc) dont les travaux sont rapportés dans les assemblées générales (réunissant parfois jusqu’à 2000 grévistes à Getafe).

Un comité de grève est même créé, mais, détail d’importance : en Espagne, c’est obligatoire dans le Code du travail d’en déclarer un lors d’un mouvement de grève. Son rôle est d’être l’interlocuteur de la direction pour la résolution du conflit. 

S’il revient à une organisation syndicale la responsabilité d’appeler à la grève, le comité de grève peut être constitué de grévistes au-delà des rangs du syndicat ayant déposé le préavis. C’est le cas de celui de Getafe, qui comporte notamment deux observateurs issus des rangs des grévistes, qui ont donc eu le droit d’assister aux réunions de négociation entre la direction d’Airbus et les organisations syndicales représentatives.

Les membres des commissions de travail ainsi que les observateurs du comité de grève n’ont pas été formellement élus par les grévistes réunis en assemblée générale, mais ils ont gagné la confiance des grévistes par leur investissement dans la grève.

Les premiers obstacles

Le 17 juillet, quelques jours seulement après avoir rejoint le mouvement, le CCOO a annoncé avoir trouvé un accord avec la direction d’Airbus. Cet accord promet 5 % d’augmentation de salaire en 2026 et à nouveau 5 % en 2027, alors que la direction avait annoncé lors des NAO précédentes ne proposer que 3 % en 2026 et 2 % en 2027. 

Dans la nuit du 22 juillet, ce sont les syndicats Sipa et ATP qui ont signé l’accord proposé – tout en précisant que cette signature n’était qu’indicative et que la ratification de l’accord passerait par l’organisation d’un référendum de l’ensemble des salariés.

Les délégués Sipa sortent de l’assemblée générale sous les sifflets des grévistes : https://www.instagram.com/reels/DbI_I83i8Vz/

Le lendemain, les images de la délégation de Sipa fuyant l’assemblée générale des grévistes sous les insultes ont fait le tour des réseaux. Les grévistes avaient en effet exprimé leur volonté de rejeter cet accord : ce n’est pas 10 % d’augmentation qu’ils demandaient, mais bien 18 %, pour rattraper l’ensemble du pouvoir d’achat perdu depuis le début de l’inflation. D’ailleurs, certains le disaient : « On n’est plus seulement en grève pour obtenir des augmentations de salaire, ni même pour le télétravail. C’est pour exprimer un ras-le-bol contre toutes les pressions et diminutions des conditions de travail depuis plus d’un an. C’est une grève pour la dignité. »

Mais il restait encore des obstacles, notamment le fait que Sipa (qui avait déposé le préavis) a décidé d’y mettre fin. Peu rancuniers, ils l’ont justifié en déclarant avoir « perdu la confiance des assemblées de grévistes et ne plus se sentir légitimes à déposer le préavis de grève, même s’ils continuent à la soutenir ». Soutenir une grève… sans soutenir les revendications des grévistes, on aura vu mieux !

Et enfin, l’organisation du référendum elle-même est devenue une gageure : que tout le monde puisse voter ne le rend pas démocratique, car cela a nettement relativisé le poids des grévistes, grâce auxquels avaient pourtant été obtenus de (maigres) avancées. Mais cette action conjointe de la direction et des syndicats à sa solde n’a pas abouti : l’accord est rejeté (d’une courte majorité) par les salariés qui se sont exprimé largement avec 80 % de participation. Toutefois, sans préavis, les grévistes ont dû reprendre le travail le 24 juillet, faute de préavis déposé, mais avec la ferme intention de « mieux aller convaincre leurs collègues non-grévistes de rejeter l’accord ».

Des vacances, mais pas un arrêt de la grève !

La direction d’Airbus pensait certainement que le terrain lui était favorable, grâce à l’aide des syndicats Sipa, CCOO et ATP, mais aussi grâce à l’arrivée des vacances à la fin du mois de juillet. C’était en effet un sujet majeur des discussions dans les assemblées générales : comment arriver à continuer après les vacances ?

C’est un signe de la détermination réelle des grévistes d’Airbus d’avoir réussi à surmonter les différents obstacles juste avant les vacances et d’avoir pu organiser dès la rentrée le 24 août des assemblées générales pour voter la reprise de la grève.

La configuration était cependant différente : Sipa et le CCOO ne souhaitant plus participer à la grève, le comité de grève était désormais composé en plus des représentants des grévistes, de la CGT, de l’UGT et de Util (syndicat non représentatif), qui ont déposé les modalités d’appel à la grève.

Un autre acteur est aussi rentré dans la danse fin juillet : la Sima, un organisme gouvernemental de médiation lors des conflits de travail, sollicité par la direction d’Airbus. Mais la Sima a tout d’abord repris la position de la direction : pour négocier il faut accepter de mettre en pause la grève, ce que les syndicats du comité de grève ne dénoncent pas. Fort heureusement, lors des AG de reprise le 25 août, cette proposition a été balayée très largement par les grévistes : pour elles et eux, tant qu’il n’y aura rien d’écrit noir sur blanc, il faut continuer à mettre la pression.

Une pression inverse pour mettre fin à la grève

Pour la direction d’Airbus, il était désormais temps d’en finir. Elle s’est alors mise à jouer sur les différentes attitudes syndicales pour diviser les grévistes et non-grévistes : ceux qui seraient raisonnables et ceux qui seraient dans l’émotion, la violence ou la récupération politique.

Évidemment, elle a été soutenue par l’attitude des syndicats qui n’appelaient plus à la grève depuis la reprise, mais elle a aussi eu des relais dans le comité de grève, notamment à l’UGT. Dans les réunions supervisées par le Sima (organe de médiation), ses représentants avouaient sans gêne avoir ressenti de « l’amertume » lorsque la base de leur propre syndicat s’est exprimée pour continuer la grève.

La direction d’Airbus a finalement décidé de passer outre la loi : la négociation devra désormais se faire avec les syndicats qui ne participent pas à la grève… ou ne pas avoir lieu – dénonçant ainsi le comité de grève comme non-représentatif des 14 000 salariés, ce qui est contraire au droit du travail espagnol. Le 2 septembre, la direction a mis fin à la médiation du Sima, au prétexte que la grève avait continué.

Le gouvernement socialiste écarte les grévistes

Pas sans ressource, la direction d’Airbus a mobilisé un allié de taille dès la reprise de la grève le 24 août. C’est par l’intermédiaire de la directrice mondiale des ressources humaines Carmen Maja que le ton est donné : « Airbus cesserait ses activités en Espagne, suspendrait les embauches et interromprait immédiatement les contrats pour les nouveaux projets si le conflit social persistait. »

La perche a été récupérée sans faute au vol le 1er septembre, par le secrétaire d’État à l’industrie Jordi Garcia Brustenga qui affirme alors que « nous ne pouvons pas jouer avec le pain des trente prochaines années ».

C’est donc le 4 septembre que le ministère de l’Industrie est rentré dans la danse, mais le droit du travail espagnol n’est pas plus respecté. Dans le cadre d’une nouvelle réunion de négociation, les invités ont été triés sur le volet : seuls les syndicats « responsables » peuvent serrer la main du PDG Guillaume Faury. Du comité de grève, pourtant seul « habilité » à négocier, il n’y a que l’UGT qui est invité (UGT dont les représentants sont plus d’accord avec la direction d’Airbus qu’avec leur propre base !). La CGT ainsi que les observateurs issus des rangs des grévistes sont mis de côté.

Lors de cette réunion, un pré-accord est signé2 qui change notamment les montants d’augmentation salariale : ce ne sont plus 10 % d’augmentation sur deux ans, mais 7,95 % sur quatre ans (2 % par an) en plus d’une indexation des salaires sur l’inflation. Les 7,95 % devant servir à rattraper la perte de pouvoir d’achat des années précédentes.

Concernant le télétravail, les formulations du préaccord restent vagues : il y a bien mention du respect de deux jours de télétravail par semaine, mais impossible de savoir s’il s’agit d’une garantie ou d’un maximum. Il faut dire que ce pré-accord avait ensuite vocation à être affiné… bien loin des yeux et des oreilles des grévistes. La CGT a donc fait un recours en justice pour suspendre le référendum pour non-respect du droit de grève, mais, même si la justice n’a pas encore donné raison à Airbus, elle permet tout de même que le referendum se tienne à la fin du mois de septembre.

Servir de paillasson à Airbus, une habitude pour ce gouvernement « courageux »

Ce n’est pas la première passe d’arme entre Airbus et le gouvernement de Pedro Sánchez3. En décembre 2025, soit deux mois et demi après l’adoption d’une loi mettant en place un embargo sur les contrats de matériel militaire avec l’État d’Israël, le gouvernement de Pedro Sánchez active une clause d’exception pour Airbus qui l’autorise à importer des composants utilisés dans l’assemblage de l’A400M, entre autres, et fabriqués notamment par Elbit Systems, première entreprise militaire de l’État génocidaire israélien.

Sans surprise, c’étaient alors les mêmes menaces de délocalisations qui ont été agitées par Airbus et qui lui avaient permis de continuer son business « as usual ».

Évidemment, cette passe d’arme a été saluée par les milieux pro-israélien comme une victoire symbolique forte4.

C’est le fonds de commerce de ces politiciens qui se disent progressistes, de « gauche » et qui, en temps de campagne électorale, n’hésitent jamais à se mettre en scène sur les piquets de grèves, mais qui, une fois arrivés au pouvoir, finissent toujours par plier devant la volonté des capitalistes.

C’est d’autant plus tragique qu’en participant à diviser et à arrêter la grève des salariés d’Airbus en Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez participe à empêcher la construction du seul véritable pouvoir, celui des travailleurs, qui pourrait aussi mettre un arrêt aux importations de matériel militaire venant des entreprises israéliennes.

Des manœuvres payantes

Finalement, ces manœuvres organisées par la direction d’Airbus ont fini par avoir raison du moral d’une partie des grévistes, car lundi 7 septembre, les assemblées, même si très fournies (2300 grévistes à Getafe par exemple), votent pour la reprise du travail. Il n’y a qu’à Getafe que le vote fut favorable à la grève, mais avec une très courte majorité. La direction, forte de ces résultats, a annoncé dès le lendemain qu’il n’y aura pas de meilleure proposition, et le comité de grève annonce alors une pause de la grève.

La grève en pause, mais pas le combat !

Pour autant, malgré la reprise de nombreux sites, une date était dans toutes les têtes : celle de la manifestation devant regrouper les grévistes de tous les sites à Madrid, prévue depuis août, qui réunit 8 000 manifestants le samedi 12 septembre au centre-ville de Madrid. Un beau pied-de-nez à tous ceux qui pensaient que le mouvement avait été enterré après les magouilles conjointes de la direction d’Airbus, des syndicats à sa solde et du gouvernement espagnol.

Le 12 septembre, 8 000 personnes défilent dans les rues de Madrid à l’appel des grévistes d’Airbus.

Le 15 septembre, une lettre ouverte des animateurs des assemblées générales s’adresse au personnel d’Airbus ainsi : 

« Samedi, nous avons marché ensemble dans Madrid, aux côtés de nos familles, de nos amis et de nos camarades. Après tant de semaines de grève, d’incertitude, de fatigue et d’usure financière, nous avions besoin de quelque chose comme cela : nous regarder dans les yeux, nous reconnaître parmi ceux qui étaient venus de Getafe, Illescas, Albacete, Cadix, Tablada et San Pablo, et constater que, malgré tout ce qui s’est passé depuis ce 1er juillet, ÇA NE S’ARRÊTE PAS. » 

La lettre se termine par un appel à repeupler les assemblées générales, comme seul et unique moyen d’obtenir satisfaction.

Vers la reprise de la grève et un véritable comité de grève ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la grève n’a toujours pas repris à Airbus, mais rien n’est joué d’avance. Comme les rédacteurs de la lettre ouverte reproduite ci-dessus, nous pensons aussi que si les salariés d’Airbus veulent obtenir satisfaction, il n’y aura que le repeuplement des assemblées générales et la reprise de la grève qui le permettra.

Les leçons de cette mobilisation qui n’a pas encore dit son dernier mot sont nombreuses et visibles au-delà des rangs des grévistes d’Airbus : entre les manœuvres syndicales et l’alignement complet du gouvernement socialiste sur la volonté d’Airbus, les grévistes ont appris à reconnaître vrais et faux amis et, surtout, à compter sur elles et eux-mêmes !

Pour cela, il faudra que le comité de grève passe d’une forme institutionnelle et bien réglée de gestion de la grève, à un comité réellement décideur, redevable uniquement aux assemblées générales de grévistes et qui imposerait ses interlocuteurs.

Pendant tout le mouvement, la main a été aux organisations syndicales, alliées ou hostiles au mouvement et habituées des négociations avec le patron. Les grévistes ont eu jusqu’à présent seulement le droit d’observer ces petits échanges entre amis.

Pour que les salariés d’Airbus obtiennent satisfaction, il faudra qu’ils passent du rôle d’observateur au rôle de décideur ! Ce doit être aux assemblées générales des grévistes de tous les sites, liées entre elles dans une organisation quotidienne de la grève de décider de tous les aspects du mouvement.

Une telle organisation de la grève, qui permettrait aux organisations syndicales volontaires d’y participer, permettrait d’être moins dépendante aux retournements de veste de celles-ci et de mieux lutter contre les manœuvres de la direction d’Airbus.

La clé sera peut-être aussi dans l’extension de leur mouvement aux autres entreprises du pays. Les organisateurs des assemblées générales semblent d’ailleurs être sur cette voie lorsqu’ils écrivent dans la lettre ouverte cité précédemment : « Des travailleurs d’autres secteurs et collectifs se sont joints à notre marche — des personnes confrontées à des problèmes différents des nôtres et, dans de nombreux cas, à des conditions plus difficiles — et ont voulu marcher à nos côtés jusqu’aux portes du ministère de l’Industrie. Leur présence nous a rappelé que nous disposons d’une visibilité dont beaucoup sont privés, que d’autres se reconnaissent dans des revendications qui dépassent nos usines et que, d’une manière ou d’une autre, ce mouvement leur appartient aussi. »

Que la colère des grévistes d’Airbus et leur combat pour la dignité se généralise, c’est tout ce que nous pouvons souhaiter !

G K

 

 

1  Notre réponse à la CGT Defence and Space au sujet du projet Bromo, dans le cadre des élections municipales.

2  Par les quatre syndicats présents ATP, CCOO, Sipa et UGT.

3  https://npa-revolutionnaires.org/articles/espagne-lembargo-sur-les-contrats-darmements-avec-israel-battu-en-breche

4  Non au Boycott! Victoire totale pour Elbit (Israël) en Espagne. Un Feu vert, plus que symbolique, a été donné à Airbus : https://israelvalley.com/2026/01/01/non-au-boycott-victoire-totale-pour-elbit-israel-en-espagne-un-feu-vert-plus-que-symbolique-a-ete-donne-a-airbus-france-europe/