Une semaine après les manifestations massives du 6 octobre, des centaines de milliers de lycéens et étudiants sont à nouveau descendus dans la rue, et poursuivent leurs tentatives de structuration du mouvement.

Le gouvernement craint l’enracinement de la colère

Rien à faire, impossible de faire rentrer les lycéens en classe. Les temps de « démocratie participative » ne convainquent personne, ni les profs, ni les lycéens qui ne s’y rendent que pour en dégager la direction des établissements et les transformer en rassemblements (comme à Cachan ou à Sainte-Geneviève). Non, la colère ne se calme pas avec des miettes. Au contraire, la détermination lycéenne a déjà largement entraîné les étudiants dans la danse… et bientôt le monde du travail ?

Lycéens, étudiants : même combat !

Les universités ne rejoignent pas seulement les lycéens pour « soutenir les petits », mais bien parce qu’ils rejettent également cette éducation à deux vitesses. Si le gouvernement trie socialement les élèves à l’entrée des facs avec Parcoursup, il continue avec MonMaster, car il est hors de question pour lui d’augmenter les moyens dans l’éducation.

Aucune négociation n’est possible tant que des lycéens sont en garde-à-vue !

Face à un mouvement en expansion, le gouvernement comprend que sa brutale répression (6 500 interpellés, des centaines de condamnés, des jeunes mutilés) ne suffit pas. Il ferme donc des centaines de lycées et universités tout en faisant semblant d’ouvrir des négociations.

Ainsi, les rendez-vous de « négociations » de certaines organisations prétendant représenter les lycéens avec le ministre de l’Éducation nationale ou le Premier ministre Lecornu se sont multipliés dans la semaine, bien que ceux-ci n’offrent « aucune garantie concrète ». Qui a mandaté ces organisations pour aller discuter avec le gouvernement – ce qui ne peut, à cette étape, que renforcer celui-ci, alors qu’il n’a rien à offrir ? Certainement pas les assemblées générales universitaires ou lycéennes ! Pourquoi passer par-dessus les organes démocratiques de la mobilisation ?

Pour gagner, il faut s’organiser !

Une fraction des lycéens et des étudiants comprend le danger, et se coordonne. Des embryons de coordinations locales se multiplient sur l’ensemble du territoire, jusqu’à la réunion de 200 lycéens issus de 71 établissements, 32 villes et 17 départements à Paris samedi 10 octobre. Ceux-ci ont décidé d’appeler à de nouvelles journées de mobilisation le 13 octobre, le 15 octobre ainsi qu’à rejoindre les manifestations du 17 octobre. Ils se retrouvent à nouveau pour une véritable coordination nationale lycéenne dimanche 18 octobre, avec des délégations élues venant d’un maximum de lycées du pays, tandis que, chez les étudiants, l’Assemblée générale de l’Université Grenoble Alpes appelle également à une Coordination nationale étudiante.

Stefan Ino