Paris, 2026-09-20. Manifestation contre le permis de tuer. Photothèque Rouge / Copyright : Martin Noda / Hans Lucas.

Difficile d’être plus hystérique qu’un Retailleau qui propose « l’interdiction de LFI » qui « appelle à la sédition et même […] essaie d’organiser l’insurrection ». Mais il n’est pas le seul à accuser la France insoumise d’exciter les jeunes, ou à s’insurger contre le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui s’est fait acclamer sur un piquet de grève de lycéens. Ils s’y sont tous mis : Lecornu qui a accusé Mélenchon de souffler sur les braises, Macron qui a rappelé à son encontre que « en aucun cas des responsables politiques ne sauraient légitimer une violence au carré », sans oublier Glucksmann qui, tout en critiquant la politique de Macron, c’est de bonne guerre, s’est empressé d’attaquer aussi Mélenchon qui exciterait les jeunes, sous prétexte que « la violence n’est jamais légitime en démocratie ».

Tous de prétendre que c’est LFI qui manipule les lycéens. Accusations bien injustes. Les lycéens n’ont attendu ni la FI, ni personne pour bloquer leurs lycées et descendre dans la rue. Face à ces attaques, Mélenchon tient à se montrer « responsable » :  « Les “insoumis” appellent à la non-violence des méthodes de lutte », écrivait-il dès le 30 septembre. Des militants voire députés Insoumis se verraient bien en « casques blancs » entre les jeunes et la police.

Pour tout le beau monde de la politique, le ronron de leur future campagne électorale a été perturbée par cette irruption de colère et de jeunesse : les uns de s’efforcer de s’en protéger ou d’en tirer profit sur le plan électoral en tablant sur la peur et l’appel à l’ordre ; LFI de lui manifester un soutien mais en cherchant à la ramener, pour son compte, dans les urnes.

Que lycéens et les étudiants s’organisent eux-mêmes, mènent leur mouvement jusqu’au bout, cherchent à entrainer avec eux, si possible, le monde du travail victime de la baisse du pouvoir d’achat, du chômage et des licenciements, pas plus Mélenchon que les directions syndicales n’en veulent vraiment jusqu’au bout. « Vous voulez l’apaisement ? En 10 minutes et 10 milliards, le calme revient ! » envoyait la députée LFI Marie Mesmeur à l’adresse du ministre de l’Éducation nationale. Ah bon ? La LFI ne prend-elle pas ses désirs d’accalmie sociale et de retour vers les jeux institutionnels, dont les élections, pour la réalité ? Aux urnes citoyens ! La France insoumise fait chanter La Marseillaise à des lycéens, plutôt que L’Internationale, normal !

Olivier Belin