Près de 300 personnes étaient réunies devant le siège social de Sodexo France à Issy-les-Moulineaux, mardi 22 septembre, à l’appel des grévistes et de la fédération CGT commerce et services, pour dénoncer la suppression de 1097 postes.
Puisque tout va bien, licencions !
Sodexo, c’est le numéro un mondial de la restauration collective. Une multinationale, qui emploie des centaines de milliers de travailleurs – et surtout de travailleuses. Les actionnaires, dont le majoritaire est la très riche famille Bellon, ont vu pleuvoir près de 5,4 milliards de dividendes en dix ans. Mais pour ses 60 ans d’existence, Sodexo annonce 1097 postes supprimés en France.
Le groupe mobilise les ordonnances Macron de 2017, permettant de justifier des licenciements par la « nécessaire » augmentation des marges. Il leur faudrait encore augmenter le taux d’exploitation pour s’assurer une confortable avance par rapport à leurs concurrents. Au rassemblement, Sophie Binet, Fabien Roussel et la France insoumise parlent de licenciements « boursiers », qu’il faudrait dénoncer. Mais ce sont tous les licenciements qu’on connaît ces dernières années qui suivent cette logique : aucune de ces multinationales (Auchan, Stellantis, Renault, pour ne citer qu’eux) n’est au bord de la faillite. Au contraire, l’argent coule à flot pour les actionnaires. Les suppressions d’emplois pour délocaliser, mécaniser ou simplement faire faire par un travailleur ce qui était le travail de deux, servent la même logique qu’à Sodexo : augmenter les marges sur le dos des travailleurs ! Ce sont tous les licenciements qu’il faut interdire ! S’il y a moins de boulot, qu’on le partage entre tous et toutes sans baisse de salaire.
Un premier rassemblement pour rendre visible la riposte
L’annonce en août de ces suppressions d’emplois a suscité colère et indignation. Alors que les salaires sont déjà trop bas – la plupart des travailleuses touchent encore le Smic après plus de 30 ans de boîte –, les conditions de travail difficiles, tandis que le prix à la pompe a pris 100 % en un an et demi, qu’il manque à tous 300, 400, 600 euros sur les fiches de paye pour pouvoir vivre dignement, c’est maintenant la menace du chômage que le patron fait tomber sur tous.
Mais les salariés de Sodexo entendent bien ne pas se laisser faire ! Ce premier rassemblement a regroupé près de 300 personnes, principalement des délégués syndicaux CGT, de nombreux sites en France et d’autres entreprises du secteur. On pouvait ainsi retrouver en grève des travailleurs de Metro, MRS, Elior ou Compass. Les délégués de MRS sont venus nombreux car « on sait que si ça passe, ça peut passer partout ».
Sont venus aussi apporter leur soutien une délégation de Sodexo Luxembourg. Et des délégués d’autres boîtes concernés par des licenciements comme Auchan, Monoprix, Carrefour ou Primark. Avec les 8 000 salariés que représentent les travailleurs de Sodexo, rien qu’en Île-de-France, c’est une force considérable qui peut menacer le pouvoir de leur patron. Et si on y ajoute l’ensemble des travailleurs concernés par des plans de licenciements autour d’eux, on voit bien qu’il y a la possibilité de menacer ces fabricants de chômage. Rien qu’à Poissy, à quelques kilomètres, ce sont près de 2000 salariés qui sont touchés par la fermeture annoncée de l’usine Stellantis. Seule la lutte paye, et seuls les travailleurs pourront défendre leur peau face aux licenciements. Les grévistes de Sodexo montrent qu’il est possible de se battre avec leur rassemblement réussi et ils ont déjà prévu de bloquer les différentes cuisines centrales du groupe dans les prochaines semaines. À poursuivre et à rejoindre !
Uma Daunai