Ils essayent de casser le mouvement par la répression

Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation condamnent la dégradation des biens publics (alors qu’ils laissent les lycées de banlieue prendre l’eau !) et les violences. Mais c’est eux qui sont violents : ils sortent les matraques, les gaz, les chevaux (Paul Éluard) et les LBD dès qu’ils voient un début de blocus ou de pancarte lycéenne. Ils se félicitent d’avoir interpellé 164 lycéens, avec une grande violence dont les images choquantes circulent sur les réseaux sociaux. Il faut soutenir nos camarades arrêtés, revendiquer leur libération immédiate et s’organiser tous ensemble face à cette répression !

La meilleure réponse face à cette répression est déjà donnée par les lycéens eux-mêmes qui amplifient leur mobilisation.

La colère lycéenne est plus que légitime

… Et pour cause, après une semaine de blocus, la lutte continue et s’étend, 180 lycées sont mobilisés ! Il n’y a qu’à regarder les pancartes et les banderoles de ce matin. À Sarcelles, « On veut le bac, pas la BAC ». À Villiers-le-Bel, « Comment avoir le bac sans profs ? » À Créteil, « Nous voulons des conditions d’étude dignes ! » À Drancy, « Notre avenir, nos choix ! » et « Le silence ne règle rien : la mobilisation fait entendre nos voix ! » Aux Lilas, on dénonce la sélection sociale avec « La fac aux riches, la rue aux pauvres ». La société marche sur la tête : on nous dit de bien travailler à l’école (sans nous en donner les moyens) pour bien se faire exploiter derrière. Tout ça pendant que les prix augmentent et qu’on met des antivols sur la viande au supermarché.

On ne pourra pas régler les problèmes lycée par lycée, coordonnons-nous !

Que ça soit à Nangis ou à Villiers-le-Bel, certains proviseurs tentent de jouer la carte du « dialogue » depuis vendredi. Le signal vient d’en haut : sur X, le ministre de l’Éducation appelait à traiter les problèmes « établissement par établissement ». Alors ça promet des réunions, ça tente de convoquer une poignée de « bloqueurs » pour « discuter », car ils sont bien mal à l’aise d’être confrontés à 200 lycéens ! Mais derrière, rien, ou alors de fausses promesses.

Des proviseurs aux ministres, ils veulent tous que cette colère retombe. Pas de bol pour eux, elle s’enracine et le mouvement s’étend. En région parisienne, de nouveaux lycées sont entrés dans la danse du 91 au 94, à Vincennes, aux Lilas, à Juvisy ou encore Savigny. Et les lycéens de Lille, de Marseille, de Grenoble, de banlieue de Cannes ou Nice s’y sont mis ce lundi matin. De quoi entraîner avec eux ceux qui préparent déjà mardi du côté de Caen, Besançon, Perpignan, Tours et Strasbourg…

Les grands journaux comme Le Monde disent que c’est « l’effet des réseaux ». Le gouvernement et l’extrême droite essaient de nous faire croire que si les lycéens se mobilisent, c’est qu’ils sont « instrumentalisés » par la France insoumise. Pour qui est-ce qu’ils nous prennent ? C’est surtout que partout on a les mêmes problèmes, la même colère et les mêmes intérêts ! Pour que le mouvement se renforce, il faut chercher partout à s’organiser et prendre contact entre les lycées. Se coordonner permet de se défendre collectivement face à la répression, décider des prochaines dates de mobilisation et manifestation tous et totes ensemble et permettre à encore plus de lycéens de rejoindre le mouvement.

La manifestation de mardi ? Une première occasion de se rendre visible et de se rencontrer, notamment à Paris où une coordination lycéenne est appelée pour 17 h 30 au CICP, 21ter rue Voltaire à Paris.

Correspondant