C’est aujourd’hui que le Conseil des ministres doit se pencher en urgence sur la question du droit au logement alors même que des centaines de manifestants campent depuis plusieurs jours sur la Puerta del Sol, place emblématique madrilène. Ils se sont regroupés à l’appel de la Fédération des associations de voisins de la capitale suite à l’expulsion, dans un brancard et encadrée par la police, d’une vieille dame de 87 ans, Maricarmen Abascal, du logement qu’elle occupait sans problème depuis 70 ans. Mais voilà, il venait d’être racheté par un fonds spéculatif qui avait décidé de tripler son loyer qu’elle a alors été incapable d’acquitter. Pour les manifestants, son cas illustre parfaitement le sort des classes populaires de moins en moins capables de se loger dans le centre-ville, accaparé par les fonds d’investissements et autres Airbnb qui font flamber les loyers. Le président de la fédération, Enrique Villalobos, a réclamé l’adoption « d’une nouvelle loi sur les baux urbains pour protéger les locataires de la spéculation des fonds d’investissement ». Peu de chance qu’il soit entendu. Tant que les logements seront soumis à la loi de l’offre et de la demande ce sont les plus riches qui en profiteront. Pour que la lutte contre la spéculation immobilière soit efficace, il faut nationaliser les logements sous le contrôle de la population.