Après la journée du 17 octobre, l’assemblée générale des soignants et futurs soignants de région parisienne a décidé de se retrouver à nouveau le 24 octobre pour faire un cortège en blouses blanches, mieux structuré et surtout plus nombreux. La veille, la manif est interdite par la préfecture. Les directions syndicales, indignées, annoncent qu’elles maintiennent le rendez-vous… pour finalement faire marche arrière le samedi matin, laissant en plan des dizaines de milliers de personnes qui ne savaient plus où aller.

Malgré toutes ces tentatives pour nous éparpiller, deux heures avant le début de la manifestation, une centaine de soignants, d’agents hospitaliers, d’étudiants infirmiers, de futurs médecins se retrouvent devant l’hôpital Saint-Antoine autour de slogans et de la banderole de l’AG : « Des lycéens mutilés, soignés dans des hôpitaux délabrés, par des soignants sous payés ». Ils décident que ça ne les empêchera pas de manifester, et partent en cortège dans les rues de Paris. Quand on est plus de cent, la circulation s’adapte, de même que les flics interloqués qu’on passe juste devant leur commissariat, ou les rames de métro soudainement bondées. Arrivés à porte d’Ivry, difficile même de rester groupés, vu la marée humaine ! Les slogans s’enchaînent : « L’argent de la fraude fiscale, on l’veut pour l’hôpital ! », « Payés un euro, du fric pour les hostos ! », « Étudiants, lycéens, chômeurs ou salariés, c’est tous ensemble qu’il faut lutter ! »

Après la manif, les étudiantes infirmières se retrouvent pour discuter de la suite. Au programme de la semaine : opération tractage devant les instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) des uns et des autres pour être plus nombreux, et donc plus forts, pour faire entendre nos revendications. Objectif : multiplier les assemblées générales dans les Ifsi et convaincre que c’est en unissant nos forces que l’on pourra se battre face à la rémunération déplorable de nos stages, au manque d’effectifs, aux directions des instituts et à la vie chère qu’on nous impose.

Rita Zinnia