Plus de 5 000 arrestations en moins d’une semaine, un lycéen éborgné par un tir de LBD à Tours, la mâchoire d’un autre défoncée par un tir de grenade à bout portant à Saint-Ouen-l’Aumône, des milliers d’autres tabassés, gazés, poursuivis par des policiers à cheval ou à moto, des interdictions de manifestations en pagaille, la fermeture de centaines de lycées… Pourtant, le mouvement lycéen est en train de grossir partout. Une nouvelle journée de mobilisation nationale aura lieu ce mardi 6 octobre.

15 ans, 18 ans et aucun avenir dans cette société-là !

Être lycéen, lycéenne aujourd’hui, ce n’est pas le bel âge. Pour l’immense majorité des jeunes, ceux des milieux ouvriers, populaires, il faut savoir se tasser dans des classes bondées à plus de 30, dans des locaux vétustes, surchauffés au gré des épisodes caniculaires ou inondés lorsqu’il pleut. Il faut espérer qu’un prof soit nommé avant l’épreuve de bac, qu’une infirmière ou une psychologue puisse vous recevoir autrement qu’entre deux portes. Une fois le bac en poche, c’est le tri social aggravé avec Parcoursup, machine à broyer les espoirs à coups d’algorithmes, qui fabrique les recalés, les « sans-facs », les « tu feras ça même si ça ne te plaît pas » car ce que pense, imagine, rêve l’immense majorité de cette jeunesse, les gouvernements et les patrons n’en ont rien à faire. Ce mouvement, c’est aussi celui d’une génération qui ne veut pas marcher au rythme des marchands de canons, subir mépris social et racisme d’État, qui ne veut pas voir le RN arriver au pouvoir et qui se sent solidaire du peuple palestinien.

« C’est qui les casseurs ? »

Le pouvoir en place, les médias aux mains des milliardaires les présentent comme des « sauvages, des voyous, des terroristes ». Cette hargne sociale est à la hauteur de la peur que ce mouvement plein de force, de vie et d’espoirs vienne rencontrer la colère de l’ensemble du monde du travail et des couches populaires dont les salaires s’effondrent, dont les conditions de travail se dégradent, dont les poches sont vidées par l’envolée des prix. Les annonces du Premier ministre Lecornu à propos du budget 2027 ont le mérite de rétablir la vérité : encore moins d’APL, retraites désindexées de l’inflation, flicage accru des arrêts maladie, gel du point d’indice des fonctionnaires. Ceux qui cassent les services publics, la Sécu, nos retraites, ils sont au gouvernement ! Ce sont eux les casseurs. Ce sont eux qui éborgnent nos gosses, qui leur fracassent la mâchoire, qui les placent en garde à vue. Ils sont les porte-flingue des bourgeois qui engrangent les milliards de génération en génération – les Bernard Arnault, les Bolloré, les Pouyanné et tant d’autres…

Les lycéens et les lycéennes ont ouvert la voie

Ça fait des mois, des années, qu’on attend l’occasion de ne plus les laisser régenter nos vies, s’enrichir sur notre travail, laisser une terre brûlée aux générations futures. Les élections présidentielles de 2027 n’y changeront rien : aucune chance que le gouvernement qui en sortira ne représente notre camp social.

Alors, sans attendre, mardi 6 octobre, il faut qu’on soit dans la rue aux côtés des jeunes mobilisés. L’intersyndicale des personnels de l’éducation appelle à la grève, certaines fédérations de travailleurs du public et de la santé, des sections syndicales du privé aussi. Envoyons un message clair au gouvernement : nous mettons les lycéens et les lycéennes, les étudiants et les étudiantes sous la protection du monde du travail. Il faut que la police dégage des parvis des lycées, que la justice relaxe tous les jeunes poursuivis. Et, puisque leurs revendications rejoignent les nôtres, pour plus de justice sociale et de dignité, embrayons vers un mouvement d’ensemble.

Les jeunes l’ont dit : ils ne s’arrêteront pas d’ici les vacances. Le pouvoir peut fermer les facs et les lycées, ils seront là. D’ailleurs, le premier samedi des vacances, c’est… le 17 octobre, l’appel à manifester contre la flambée des prix ! Cela serait une sacrée belle façon de les commencer en envahissant les rues du pays à leurs côtés !

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 4 octobre 2026

 

 

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