Ces derniers jours, la candidate du Rassemblement national a fait de l’habitat un de ses thèmes de campagne. Une des mesures qu’elle préconise est l’abolition de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) de 2000. Cette loi impose aux communes des grandes agglomérations de disposer d’un taux minimal de 20 % à 25 % de logements sociaux pour favoriser la mixité sociale. Elle est considérée par les associations qui luttent contre le mal-logement comme un outil central dans le combat contre l’exclusion. Son objectif est de tenter de répartir équitablement la charge du logement social et éviter que les villes réfractaires, qui ne veulent pas de pauvres chez elles, échappent à cet effort collectif. Elles y parviennent cependant en payant une pénalité chaque année. Une amende jugée « scandaleuse » par Marine Le Pen. Mais elle va encore plus loin. Elle veut aussi mettre fin au dispositif zéro artificialisation des sols (ZAN), qui protège (un peu) du tout bétonnage et entend également jeter à la poubelle les diagnostics de performance énergétique ds logements. Avec elle, les bétonneurs et grands propriétaires immobiliers peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Mais cela n’aidera en rien à construire de nouveaux logements sociaux alors que les listes d’attente des locataires potentiels ne cessent de s’allonger et concernent près de trois millions de familles. Mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs : privilégier partout et toujours les riches et les très riches.