Le chercheur médical Hugues Gascan, président du Groupe d’étude du phénomène sectaire, vient de constater dans un rapport la multiplication des diplômes consacrés à des médecines parallèles, dites aussi « médecines douces » ou « complémentaires ». On en compte aujourd’hui plus de deux cents. Ces diplômes donnent une image de sérieux à des pratiques qui vont du yoga à la naturothérapie en passant par l’homéopathie, l’acupuncture et les voyages initiatiques, dont les effets n’ont jamais été démontrés scientifiquement. Un colloque leur a même été dédié à la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, sous le parrainage de l’ancien champion sportif Yannick Noah devenu chanteur. Ce qui donne une idée du sérieux de cette opération. Divers labos font aussi du lobbying pour favoriser la promotion universitaire de produits miracles.

Cette officialisation du charlatanisme va bien sûr de pair avec la montée du complotisme et de la défiance envers la science médicale qui ont accompagné l’épidémie de Covid. Si certaines de ces pseudo-thérapies sont inefficaces mais sans danger, d’autres présentent toutes sortes de risques, à commencer par celui de voir des personnes atteintes de maladies graves renoncer à de véritables soins. Des politiciens cyniques peuvent aussi considérer que des bains de plantes reviennent moins cher que les traitements éprouvés du cancer. Le charlatanisme est un danger pour la santé publique.