Parcoursup était intouchable ? Le voilà remis sur la table. Pas un centime pour l’éducation ? Le gouvernement sort le portefeuille. Des « émeutes urbaines » disait-il ? Bien obligé de reconnaître le mouvement étudiant et lycéen. Plus personne ne parle d’augmentation des frais d’inscription à l’université. Voilà ce qu’a d’ores et obtenu la mobilisation.

Les ministres Geffray et Baptiste annoncent que le tri social restera la règle, même si Parcoursup est relooké à la marge. Algorithme ou pas, le dispositif est adossé à la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (loi ORE, 2018) qui garantit la sélection. Au mieux, plus de « transparence » et de « lisibilité » pour maquiller la discrimination, mais pas avant 2028, après les élections et surtout hors de toute pression de la mobilisation. Sans moyens supplémentaires, la sélection se fera, par Parcoursup ou par l’échec.

Or, sur les moyens dans le supérieur, Lecornu annonce des miettes : 15 000 nouvelles places universitaires, là où le patronat réclame 10 000 places en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé (alors qu’il y avait cette année 116 000 candidats pour 25 000 places en école d’infirmières). Un quart des 500 000 néo-bacheliers ne reçoivent aucune proposition satisfaisante sur Parcoursup. Ce qui est nécessaire pour en finir avec la sélection, ce sont 300 000 places supplémentaires en licence et 100 000 en master.

Pour le bâti scolaire : un « plan d’un milliard » pour les universités (mais seulement 200 millions maintenant)… et pour les lycées et collèges ? Rien, sinon le droit pour les départements et régions d’emprunter 4 pauvres milliards « à taux préférentiels ». Pour 51 000 établissements (3 700 lycées et 7 000 collèges, 47 000 écoles), les chiffres repris par le Sénat lui-même évaluent à 52 milliards la rénovation totale, 10 fois plus.

Plafond de 28 élèves par classes en seconde… Mais combien en première et en terminale ? 36 ? 40 ? Pour ce faire, les ministres proposent de suspendre les suppressions de postes d’enseignants et même d’en créer 500 au lycée : 0,2 % d’augmentation d’effectifs dans le secondaire, de quoi passer de 35 élèves par classe… à 34,9 ! À comparer aux 7 000 postes qui y ont été supprimés sous Macron : ce sont en fait des dizaines de milliers de postes d’enseignants, infirmières, conseillers d’orientations, AED, AESH qu’exige la mobilisation !

Promesse de revalorisation des bourses étudiantes en fonction de l’inflation ? De quoi encourager tous les salariés du pays à réclamer des augmentations de salaires, eux aussi indexés sur les prix ! Car le vrai problème du gouvernement, c’est que les revendications lycéennes et étudiantes font déjà échos à celles des salariés : emploi, salaires, services publics… Oui le gouvernement recule, la mobilisation lui fera ravaler Parcoursup et rendre tout ce qu’il a volé aux services publics !

Léo Baserli