Le 10 septembre dernier, la CGT a publié des chiffres des morts au travail en 2025. L’an dernier, ils sont 783 travailleurs et travailleuses à être partis de chez eux le matin et ne jamais être revenus.
Ce macabre bilan n’est cependant pas exhaustif. Il faut lui ajouter les accidents de trajet – 344 morts en allant ou revenant du travail – et les maladies professionnelles – 204 travailleurs empoisonnés tout au long de leur carrière décédés en 2025. Soit 1 331 décès liés directement au travail. Et encore, ces chiffres ne prennent pas en compte les salariés du régime agricole, du public, les auto-entrepreneurs ou les travailleurs soi-disant « illégaux ».
Ce bilan est celui du patronat et du gouvernement, obnubilés par la chasse aux arrêts de travail et au prétendu « open bar » des arrêts maladie. La loi travail de 2016 a notamment supprimé les CHSCT (Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Puis la réforme de 2017 a supprimé des critères de pénibilité – Macron avait alors déclaré : « Je n’adore pas le mot pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible. » À ces « réformes » s’ajoutent la précarité des emplois, car, inexpérimentés ou mal formés dans des environnements dangereux, les travailleurs précaires sont d’autant plus souvent victimes d’accidents.
Le sous-effectif d’organismes comme la médecine du travail ou l’inspection du travail affecte aussi notre sécurité de salariés. Moins la menace d’un contrôle pèse sur les patrons, plus ils se permettent de dégrader les conditions de travail. Et même lorsque la faute inexcusable de l’employeur est reconnue, les amendes restent faibles et non proportionnées à la taille ou au chiffre d’affaires de l’entreprise.
En définitive, pour la santé et la sécurité au travail comme pour le reste, seule l’organisation des travailleurs agit efficacement pour arracher des conditions de travail dignes et sécurisées.
Correspondant