Deux agriculteurs de Saint-Gilles étaient poursuivis devant le tribunal correctionnel pour des faits de traite d’être humains et d’hébergement clandestin. Ils étaient accusés d’avoir employé dans des conditions effroyables seize travailleurs et travailleuses d’origine marocaine. Pour obtenir un contrat de travail en France, ces derniers devaient verser un dessous de table (pouvant aller jusqu’à 12 000 euros), voyaient leurs passeports et leurs titres de séjour confisqués, étaient hébergés dans des conditions indignes et subissaient violences et intimidations. Des conditions de travail particulièrement difficiles leur étaient aussi imposées : semaines de 60 à 88 heures sans repos hebdomadaire, heures de travail non rémunérées, absence d’accès à l’eau potable, manquements graves aux règles de santé et de sécurité, notamment la réalisation de traitements phytosanitaires sans protection. Malgré la gravité des faits, le tribunal a expédié l’affaire en une demi-journée et le procureur n’a réclamé que des peines légères (prison avec sursis et faibles amendes) contre les prévenus et leurs complices. Le jugement a été mis en délibéré au 10 décembre. Encore une fois, des patrons voyous risquent de s’en tirer à bon compte.