Après sa condamnation récente, avec vingt-trois membres de l’ex-Front national, pour détournements de fonds européens au profit des permanents du parti, Marie Le Pen risque de se retrouver à nouveau devant les juges. En effet, la direction générale financière du Parlement européen l’accuse d’avoir, entre 2009 et 2014, effectué des dépenses irrégulières pour au moins 168 000 euros alors qu’elle siégeait comme euro-député. Et pour pomper l’argent, elle ne manquait pas d’imagination. Ainsi elle réclame en 2010 4 600 euros pour la tenue d’un colloque sur l’Europe… qui n’a jamais eu lieu. À sa place, elle a tenu un meeting visant à la faire désigner à la tête du Front national, prédécesseur du Rassemblement national. D’autres dépenses farfelues ont également été relevées. Pour 10 000 euros, elle affirme avoir produit un millier de DVD… dont personne n’a jamais trouvé la trace. Même chose quand, entre 2011 et 2014, elle dit avoir fait sortir des bulletins d’information, bénéficiant pour cela de 37 000 euros. Bulletins largement fictifs. Pour se défendre elle accuse certains de ses proches d’avoir été incompétents et malhonnêtes. Pas sûr que les financiers du Parlement européen se laissent convaincre. Pour un parti dont la devise fut longtemps « Tête haute, mains propres » il serait plus approprié de la changer aujourd’hui en « Tête basse, mains sales ».