Le parquet péruvien a enterré l’affaire portant sur la stérilisation forcée de 300 000 femmes entre 1996 et 2001, sous la présidence d’Alberto Fujimori, décédé en 2024 à l’âge de 86 ans, quelques mois après sa libération de prison où il purgeait une peine de 25 ans de réclusion pour corruption et violations des droits humains. La plupart des victimes étaient des femmes de milieu pauvre appartenant à la population indienne autochtone. Le ministre public a appuyé sa décision sur une loi d’amnistie de 2024 qui empêche de qualifier ou de poursuivre comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité des faits antérieurs à juillet 2002. Un texte qualifié de « loi de l’impunité » par les associations de défense des droits humains. Ainsi ont été classées sans suite les plaintes de plus de 4 000 femmes. Et une cinquantaine de personnes, qui avaient aidé Fujimori dans son entreprise criminelle, dont trois anciens ministres de la Santé, ont été blanchies. Des collectifs féministes vont faire appel mais leur action a peu de chances d’aboutir.