Interrogé sur RMC sur la place du baccalauréat dans les études, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, n’y a pas été par quatre chemin. Après avoir déclaré qu’« il ne faut pas que culturellement, on coure tous après les études supérieures », il a préconisé que les jeunes qui réussissent moins bien au lycée, souvent ceux des milieux populaires, ne soient plus orientés vers les facultés mais « vers les métiers de production, les métiers techniques ». Et d’insister : « Il faut peut-être qu’on sorte collectivement du mirage que tout le monde doit avoir un master pour réussir et trouver un boulot. » Ces propos font écho à ceux de Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur, qui, en juillet dernier, à la suite de la publication d’un rapport du Sénat sur l’excellence académique à l’université, préconisait de supprimer le droit d’accès automatique des bacheliers aux études supérieures. Il s’agit d’un plan concerté pour tenter de barrer la voie de l’enseignement supérieur et de la culture aux élèves de milieux modestes qui sont déjà victimes, via Parcoursup et d’autres mécanismes du même acabit, d’une discrimination criante à l’accès à l’enseignement supérieur.