À l’occasion de la publication de son livre, Unir, nouveau monde, nouvelle gauche, l’ex-chef de l’État a prévu de se déployer sur le terrain et d’inonder les médias de sa présence. Il ne fait plus mystère de sa volonté de revenir au premier plan, quitte à gêner le PS en pleine campagne pour la primaire. Une apparition à Blois pour les universités d’été du PS le 28 août, un débat face à Édouard Philippe le lendemain à Sens, des interviews accordées au Point, à la matinale de France Inter et à C à vous sur la 5, un déplacement à la foire de Châlons-en-Champagne, etc. Il est partout. Mais il refuse de prendre part à la primaire du PS, car il se veut un « homme libre » et pas un apparatchik. Mais toute cette agitation ne peut faire oublier que son quinquennat (2012-2017) fut catastrophique pour les masses populaires. Il se traduisit par des milliards offerts sans contrepartie aux entreprises (par le biais notamment du « crédit d’impôt compétitivité emploi »), le droit du travail détricoté (accélération des procédures de licenciement devant les prud’hommes, travail de nuit et du dimanche facilité, allongement de la durée des cotisations retraite), les libertés publiques malmenées (en assouplissant les règles d’utilisation de leurs armes par les policiers et les gendarmes, voire en proposant la déchéance de nationalité pour les binationaux, soupçonnés de terrorisme, et en instaurant l’état d’urgence). Lorsque son ministre des Finances, un certain Macron, lui succéda, il ne fit qu’approfondir la même politique. Sa « nouvelle gauche » ressemble comme deux gouttes d’eau à l’ancienne. Alors non merci, on a déjà donné !