L’ ultra-réactionnaire magnat de la presse Vincent Bolloré doit comparaitre en justice le 7 décembre prochain. Il est accusé d’être impliqué dans une affaire de corruption massive au Togo. On lui reproche d’avoir sous-facturé des prestations de communication pour favoriser la réélection du président togolais Faure Gnassingbé en 2010. En échange de ce soutien politique, le groupe Bolloré avait obtenu la concession pour la gestion du port autonome de Lomé. Après un refus d’homologation d’une peine négociée par le tribunal en raison de la gravité des faits, Vincent Bolloré et deux anciens cadres ont donc été renvoyés devant le tribunal correctionnel. Pour tenter d’échapper à la justice, les avocats de Bolloré ont déposé plainte pour « association de malfaiteurs » contre l’ex-président du tribunal judiciaire de Paris et une responsable des chambres correctionnelles de la Capitale, accusés de s’être entendus pour le piéger. La Cour de cassation a déjà rejeté une première requête en suspicion légitime déposée par les avocats de Bolloré contre ces mêmes magistrats. Et la seconde subira sans doute le même sort. Mais si aujourd’hui un honnête milliardaire ne peut plus magouiller en toute tranquillité sans qu’on lui cherche des poux dans la tête, dans quel monde vit-on ?