Une enquête internationale menée par The Guardian au Royaume Uni, L’Humanité en France et plusieurs médias européens, a révélé que l’Arabie saoudite a intégré ses propres scientifiques liés à l’industrie fossile au cœur même du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Le groupe de travail III, chargé d’évaluer les solutions pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, compte au moins 11 auteurs directement liés au Royaume saoudien ou à la Saudi Aramco, contrôlée par l’État et qui est la première compagnie pétrolière du monde. L’un des cas les plus notables est celui de Mustafa Babiker, un employé de longue date de Saudi Aramco, nommé auteur principal et coordinateur du chapitre stratégique sur l’analyse des politiques publiques pour le septième rapport du Giec, prévu pour 2029. Les autorités saoudiennes pèsent aussi de tout leur poids pour que ce rapport ne mentionne pas de « sortie rapide » (phase-out) des énergies fossiles et mette plutôt l’accent sur les procédés techniques de captage du carbone. Bref, elles veulent continuer à polluer allègrement la planète sans être gênées par des scientifiques, coupeurs de cheveux en quatre.