Mathieu Pigasse, banquier, homme d’affaires et patron de presse (Radio Nova, Les Inrockuptibles, Mediavan, actionnaire du Monde) le dit et le répète à chaque interview : il est « de gauche », proche du peuple et fait partie du « tiers état » (sic). Parfois, comme à la dernière université d’été des Écologistes, il rappelle qu’il circule comme tout le monde à pied, en métro ou en vélo. Un homme simple. À la fête de l’Huma il s’est même proposé comme candidat possible de la gauche à la prochaine élection présidentielle en dézinguant au passage le Parti socialiste accusé d’être trop mou. Et il s’y connaît, lui qui a travaillé avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius lorsqu’ils étaient au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy et a participé aux différents gouvernements de Lionel Jospin. En termes de radicalité on a vu mieux. Mais, cerise sur le gâteau, Le Canard enchaîné vient de révéler qu’il avait, avec sa compagne, passé ses dernières vacances sur l’île Moustique, aux Antilles. Il a séjourné dans une villa de plus de 2 600 m2, au milieu d’un parc de sept hectares, comprenant neuf suites, neuf salles de bain, trois piscines, une salle de jeu, un cinéma, un terrain de tennis, etc. Et il était assisté d’une équipe de dix-huit personnes, comprenant deux majordomes, trois chefs, six femmes de ménage, six jardiniers et un gestionnaire. Coût de cette petite sauterie : près de 23 000 euros… par nuitée, soit un total de 434 000 euros (environ 2 325 smic mensuels) pour l’ensemble du séjour de 19 jours. La gauche a enfin trouvé en lui un candidat radical, anti-conformiste et proche des préoccupations quotidiennes du petit peuple.