Depuis hier, Emmanuel Macron et son gouvernement, main dans la main avec l’extrême droite, rivalisent dans leur posture martiale et autoritaire. Emmanuel Macron parle de « factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants », fait planer des interdictions de manifestation et somme « tous les partis politiques de s’exprimer pour condamner sans hésitation les violences ». Marine Le Pen parle quant à elle de « menace sur la démocratie » alors que Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, voit, lui, la main de l’extrême gauche dont le « NPA » derrière les manifestations du 17 octobre.
Mais c’est Macron et son gouvernement qui ont mis des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs dans la rue. Les véritables pillards sont dans les conseils d’administration du CAC40 – 61 milliards d’euros de dividendes versés aux actionnaires des grandes entreprises cotées entre avril et juin – et les vrais casseurs de services publics sont au gouvernement qui enchaîne les coupes budgétaires. Tous ceux qui s’offusquent des soi-disant « violences » n’ont pas un mot pour les réelles violences subies au quotidien par les classes populaires : trois morts par jour au travail, la misère noire pour les sans-abris, des milliers de vies brisées par les expulsions ou les licenciements, dix millions de personnes sous le seuil de pauvreté… sans parler de l’exploitation forcenée et des guerres que les multinationales françaises imposent aux populations dans le monde entier. Voilà toute l’hypocrisie d’un ordre social qui « condamne les violences » pour mieux continuer à perpétrer les siennes.
Depuis plusieurs semaines, les lycéens sont en lutte contre le manque de moyens. Ils réclament la fin de Parcoursup, une plateforme élitiste qui opère un véritable tri social. Et quelle a été la réponse du gouvernement face à ces revendications ? Rien… à part envoyer la police réprimer violemment les lycéens mobilisés pour leur avenir ! Comme il avait réprimé les Gilets jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites, les mobilisations écologiques… Comme il réprime au quotidien les jeunes dans les quartiers ouvriers.
Le 17 octobre, la mobilisation des lycéens a, par sa détermination, entraîné dans son sillage dans la rue tous ceux qui n’en peuvent plus de la précarité, des conditions de travail dégradées, des vagues de licenciements, de la retraite toujours repoussée. Qui n’en peuvent plus et ne veulent plus d’une société où on perd sa vie à essayer de la gagner. La flambée des prix prend aujourd’hui les travailleurs à la gorge, ne serait-ce que pour remplir un caddie ou faire un plein d’essence. Devant une telle urgence sociale, le NPA-Révolutionnaires milite pour que les salaires suivent les prix, qu’aucun revenu ne soit inférieur à 2200 euros et que les licenciements soient interdits.
Aujourd’hui, le NPA-Révolutionnaires n’appelle pas « au calme » comme le voudrait le pyromane Macron. Nous ne voulons pas plus que cette colère sociale profonde exprimée le 17 octobre soit enterrée dans les urnes. Nous n’attendrons pas 2027 : il faut au contraire amplifier dès maintenant le mouvement de contestation sociale née de la mobilisation des jeunes. Les travailleurs et travailleuses font tout tourner et sont donc capables, par la grève, de bloquer l’économie, de bloquer la machine à profits des patrons. Le NPA-Révolutionnaires appelle tous les travailleurs et travailleuses à s’organiser dès maintenant à la base dans les entreprises pour décider par eux-mêmes des suites à donner, à travers leurs grèves et leurs manifestations.
Macron décrète que la démocratie, « ce n’est pas la rue » ? Raté. Les étudiants, réunis en coordination nationale étudiante, appellent à une journée de mobilisation et de manifestations le 22 octobre et des appels existent déjà pour le samedi 24 octobre.
Le NPA-Révolutionnaires
Selma Labib, candidate à l’élection présidentielle, et Gaël Quirante, porte-parole national de campagne
