Tout le monde a pu remarquer que Raphaël Glucksmann, le candidat officiel de la gauche social-démocrate à la présidentielle, était absent tant des manifestations lycéennes que des cortèges syndicaux ou des rassemblements contre le Rassemblement national le week-end dernier à Orléans. Motif invoqué : il serait la cible de militants « d’extrême gauche » qui le hueraient et la chahuteraient lors de ses très rares apparitions publiques. Il a même théorisé la situation en affirmant qu’il privilégiait le combat d’idées à la mobilisation de rue et qu’il était là pour donner des solutions à la colère populaire. Un vrai intellectuel on vous dit. En fait la réalité est plus prosaïque. Pour de nombreuses personnes, et pas seulement des lycéens et des étudiants, Glucksmann personnifie jusqu’à la caricature le politicien bourgeois plus à l’aise dans les couloirs feutrés du Parlement européen et dans les tractations de coulisses que dans la rue aux côtés de celles et ceux qui expriment leur colère. Pour lui « le peuple de gauche » n’est pas celui qui bat le pavé mais celui qui vote bien dans les urnes… c’est-à-dire pour lui.
