Le scrutin pour renouveler la Douma – le Parlement – se tiendra dans les différentes parties de la fédération de Russie du 18 au 20 septembre. Un scrutin sans aucun risque pour Poutine qui a fait interdire toutes les formations politiques critiques à son égard. La dernière en date est le petit parti Iabloko, peu contestataire et qui a toujours respecté les règles fixées par le pouvoir, mais dont le tort était de réclamer la fin de « l’opération militaire spéciale » en Ukraine. Mais la censure ne s’arrête pas là. Des dizaines de candidats, qui avaient été dans un premier temps autorisés à se présenter, ont été ensuite écartés sous les prétextes les plus divers. Le motif le moins surprenant concerne ceux épinglés pour avoir posté, récemment ou il y a des années, des photos de l’ex-opposant Alexeï Navalny, mort en captivité en novembre 2024. Ils ont été disqualifiés pour promotion de « symbole extrémiste ». D’autres candidats trop « extrémistes » pour participer à ces élections sont ceux qui ont publié en ligne des images contenant les logos de réseaux sociaux interdits en Russie, comme Facebook ou Instagram. Mais certains motifs sont carrément farfelus. Un candidat s’est vu exclure de la compétition électorale pour avoir affiché une œuvre du street artist britannique Bansky. Il a alors été accusé de violer ses droits d’auteur. Un autre pour avoir publié un message en hommage à feu Kolmoster, fondateur d’un groupe de rock russe, Motörhead. Sur la photo utilisée, le musicien portait une croix qui selon les juges pouvaient faire penser à une croix gammée. Et le tout est l’avenant. Aux oukases de Poutine, chaque échelon de l’appareil d’État ajoute ses propres critères et règle ses comptes. Un monde kafkaïen…