Le mouvement social est assez polarisant au travail. Se côtoient des collègues qui, le 5 novembre approchant et l’ambiance montant, se posent le problème « d’y aller fort », c’est-à-dire de ne pas se limiter à une grève de 24 heures, et des collègues qui, déjà sensibles aux préjugés réacs sur la lutte de la jeunesse, étaient vent debout contre les dégradations du 17 octobre.
La répression et les opérations de communication politiciennes qui visent à conforter l’extériorité et la passivité face aux événements ne dissuadent toutefois pas les collègues de penser qu’il y a bien des revendications sociales légitimes à défendre dans la situation : il y en aura parmi ceux-là en grève le 5 novembre, c’est une certitude.

Des collègues femmes mettent d’elles-mêmes en miroir le traitement policier et juridique de la lutte des jeunes et du 17 octobre et l’absence de réponses institutionnelles vis-à-vis des violences sexistes et sexuelles : « Ils condamnent ceux qui brisent des vitrines, pas ceux qui brisent des vies. » L’attentat à Trappes appuie aussi ce genre de comparaison pour relativiser les prétendues violences insoutenables du 17 octobre.

L’atteinte aux libertés publiques depuis les déclarations de Macron jeudi 22 octobre ont choqué celles et ceux qui ne voyaient pas d’un mauvais œil le 17 octobre. L’interdiction préfectorale de desservir en train les gares de Lunel et Sète le 24 octobre pour dissuader des gens d’aller manifester à Montpellier a choqué encore au-delà.

Correspondant