Au bâtiment de l’emboutissage, lundi 21 septembre, un salarié sous-traitant travaillait au démantèlement d’une presse géante à emboutir de la tôle : la L90. Il a été gravement blessé dans la cave par la chute d’un vérin hydraulique de huit tonnes. Il est resté coincé plus de deux heures et il a fallu l’intervention de plus d’une trentaine de pompiers et une équipe spéciale de désincarcération pour le dégager. La police scientifique et l’inspection du travail sont venues sur place pour lancer leurs enquêtes. Le salarié a dû être amputé d’une jambe.

Cet accident a choqué les salariés de Stellantis Poissy. On se sent concerné : l’usine est dans une phase de fermeture qui devrait intervenir dans moins de deux ans, des travaux ont et vont avoir lieu alors que la production avec 2 000 salariés continue en même temps. Et la direction fait tout à l’économie, avant de bazarder son usine.

Sur ce chantier, des problèmes d’éclairage et de rangement de la zone lui ont été plusieurs fois signalés, c’était compliqué de s’y déplacer en sécurité. Déjà en août sur ce chantier, un pont-roulant capable de soulever 40 tonnes a été détruit en soulevant une charge excessive. La direction est restée silencieuse sur cet incident dangereux, elle n’a pas prévenu la CSSCT (commission sécurité).

Chantier avant l’accident : des conditions de travail déplorables
Le chantier près l’accident

Sous-traitance en cascade

La direction de Stellantis explique qu’elle a passé un contrat avec une première entreprise, AIS, qui utilise une deuxième entreprise sous-traitante, Verger, pour démanteler la L90 depuis avril dernier. Après cette casse du pont-roulant en août, elle prétend maintenant qu’elle a découvert l’existence d’une troisième entreprise de sous-traitance travaillant sur ce chantier : EMCEI. Malgré tous ces problèmes, elle a continué à vouloir collaborer avec ces trois patrons d’entreprises sous-traitantes.

Aujourd’hui, la direction explique qu’elle a découvert le lendemain de l’accident grave, qu’une quatrième entreprise sous-traitante travaillait sur ce chantier : Bagalov. Le travailleur amputé étant salarié de ce sous-traitant… de rang 4.

La direction ne sait même pas qui fait quoi sur son chantier ? C’est une histoire à dormir debout. Les entrées et sorties du site sont rigoureusement filtrées. La direction, si douée pour fliquer ses propres salariés, a su fermer les yeux pendant cinq mois sur les conditions de travail des salariés du démantèlement et sur les identités des patrons avec qui elle collaborait.

La seule priorité de Stellantis : ses profits !

Tout au long de l’année, elle fait la morale aux salariés qui ne tiennent pas la rampe ou ne portent pas des bouchons d’oreille, mais elle n’a pas cherché sérieusement à connaître ce qui se passait sur ce chantier à haut risque. Elle n’a pas cherché à éviter la sous-traitance en cascade pourtant bien connue dans ce milieu des entreprises de ferrailleurs. Une cascade qui multiple les risques pour les ouvriers et permet aux patrons d’économiser et de bien ramasser le pactole.

Le chantier est sur un site Stellantis, le donneur d’ordre est Stellantis, des audits chantier doivent être faits régulièrement par Stellantis : c’est Stellantis qui est responsable de la sécurité. Cet accident grave aurait pu être évité comme tous les dysfonctionnements précédents. Mais pour Stellantis, la priorité c’est le profit, au détriment de ceux qui viennent au boulot pour gagner leur vie, pas pour la perdre ! Pour préserver notre santé, nous ne devons accorder aucune confiance à la direction et imposer de meilleures conditions de travail pour tous.

Correspondant