Marine Tondelier, la candidate écologiste à l’élection présidentielle, vient d’avoir une idée géniale : interdire le mensonge en politique. Elle souhaite que les responsables politiques malhonnêtes puissent être frappés d’inéligibilité, voire révoqués de leurs fonctions, lorsqu’ils se rendent coupables de « mensonges factuels et délibérés ». Elle a eu ce trait de génie en regardant sur France 2 le témoignage du sénateur Horizons Vincent Louault, qui dans l’émission Complément d’enquête, assumait avoir délibérément menti pour faciliter la réintroduction de l’acétamipride, un insecticide tueur d’abeilles, en agriculture. Sauf que ce n’est pas gagné, car le mensonge fait partie intégrante de la vie politique bourgeoise. À tel point que promesse électorale est pratiquement devenue synonyme de promesse non tenue. Un gouvernement de gauche, une fois élu, n’a de cesse de mener une politique de droite, même s’il y a des écolos en son sein. Jadis (en 1956) le dirigeant socialiste Guy Mollet devint président du Conseil en promettant la paix en Algérie… avant d’y envoyer le contingent s’y faire trouer la peau. Et les exemples sont multiples. Si la proposition de Tondelier était suivie d’effet, on verrait rapidement se dépeupler les rangs de l’Assemblée nationale, du Sénat et les bancs des ministres. Car tromper les électeurs et les électrices est le sport favori de l’immense majorité de la classe politique. Et ça Tondelier ne peut l’ignorer.