Manifestation pour un cessez-le-feu en Palestine et au Liban, à Paris, le 5 octobre 2024.
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Près de 75 000 morts et plus de 175 000 blessés dans une bande de Gaza toujours occupée et en état de catastrophe humanitaire ; environ 1 200 morts, 13 000 blessés, 25 000 arrestations et 10 000 hectares de colonies supplémentaires – officielles ou non – en Cisjordanie ; près de 9 000 morts dans la guerre au Liban, entre 3 500 et 4 500 en Iran, des dizaines en Syrie et au Yémen lors d’« opérations militaires » ; 100 000 frappes sur les « cinq fronts » (Gaza, Liban, Syrie, Iran et Yémen) revendiquées par Netanyahou lui-même… L’État sioniste n’en finit pas de semer la mort et le chaos tout autour de lui.

Élections israéliennes : pas de changement en perspective

Ce n’est pas ce bilan macabre qui risque de coûter sa place au Premier ministre lors des élections du 27 octobre. En revanche, les révélations journalistiques pourraient contribuer à le discréditer : selon Haaretz et The Atlantic, Netanyahou aurait été averti des projets du Hamas par le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, et par le chef des renseignements égyptiens, Abbas Kamel, dès la fin du mois de septembre 2023. Sans bouleverser les sondages, cette affaire est récupérée par son opposition.

La coalition anti-Netanyahou, « Ensemble », peut espérer l’emporter et renverser celui qui dirige le gouvernement depuis 2022 (et, précédemment, de 1996 à 1999 et de 2009 à 2021). Mais elle ne remet nullement en cause le fond de la politique sioniste : la colonisation, le génocide, l’apartheid et le rôle de gendarme régional de l’impérialisme.

Ces politiques sont dans la nature même de l’État israélien et du projet sioniste : un État réservé aux Juifs sur une terre habitée par d’autres ne saurait être démocratique. Il ne peut que chercher à expulser ou à faire disparaître le peuple présent antérieurement. Il ne peut exister qu’avec le soutien des grandes puissances, en s’acquittant de leurs basses besognes.

Trois ans de solidarité internationale

Depuis le 7 octobre 2023, la nouveauté n’est pas le non-respect des résolutions de l’ONU (Israël a désobéi à presque toutes celles qui le concernent depuis sa création) et du prétendu « droit international » – droit qui ne sert certainement pas à mettre fin à l’oppression et à l’exploitation. La nouveauté, c’est le cap qui a été franchi dans le génocide à Gaza, avec la fin des faux semblants quant à la volonté de chercher une solution de paix.

Mais ce sont aussi les dizaines de milliers de manifestations dans le monde – plus de 50 000 dans 137 pays selon l’Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled) –, les grèves étudiantes et ouvrières, comme celles des dockers refusant de charger des armes à Gênes, Barcelone, Fos-sur-Mer ou encore Oakland. C’est l’émergence, dans les métropoles impérialistes comme dans les pays arabes aux dirigeants complices, d’une génération solidaire de la Palestine, dont la mobilisation met en difficulté les gouvernements, tout en aidant le peuple palestinien à tenir encore et toujours.

Jean-Baptiste Pelé