Un coup de filet géant contre des bars et des associations LGBT + s’est déroulé dimanche dernier. Des descentes ont eu lieu à Istanbul, à Ankara et dans quinze provinces du pays. Elles se déroulent dans un contexte de durcissement de la politique du président islamo-conservateur Erdoğan envers les minorités de genre. Une répression qui a conduit à la mise en examen de 169 personnes, de 9 associations et de 13 entreprises, principalement des bars, des restaurants, boites de nuit et autres lieux de rencontre. Officiellement, l’homosexualité n’est pas réprimée pénalement dans le pays, mais l’homophobie y est largement répandue jusqu’au sommet de l’État, les autorités qualifiant régulièrement les LGBT+ de « pervers », responsables selon elles du déclin de la natalité. Erdoğan, au pouvoir depuis 2003, tente par le biais de telles campagnes de détourner le mécontentement de la population vers des boucs émissaires à l’heure où l’économie locale est en crise avec notamment une inflation qui dépasse les 30 % par an.