Sur la page de son site réservée aux quêtes prévues en vue de financer la visite du pape, le diocèse de Paris rappelle à ses fidèles que les dons sont éligibles à « une réduction d’impôt de 66 % (dans la limite de 20 % de votre revenu imposable) ». En clair cela signifie que si l’Église catholique parvient à réunir les 27 millions d’euros nécessaires pour couvrir les trois jours du voyage pontifical à Paris, Lourdes et Metz, les contribuables – catholiques ou non, croyants ou athées, papophiles ou anti-cléricaux – auront directement contribué à ce déplacement à hauteur de 17,8 millions d’euros. Et ces 27 millions d’euros ne comprennent pas les 14 000 policiers, gendarmes et autres militaires mobilisés pour l’occasion et pris en charge intégralement par l’État. De plus la mairie de Paris a fait un geste en mettant gracieusement à la disposition des mitrés les Champs-Élysées, la place de la Concorde ou l’île de la Cité pour un coût estimé entre 1 et 2 millions d’euros. Là encore on n’a pas demandé leur avis aux Parisiens. Il est amusant de rappeler que l’article 2 de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État stipule que « la République ne reconnaît, ni salarie et ne subventionne aucun culte ». Un texte sur lequel nos gouvernants s’assoient allègrement.