Photothèque Rouge / Copyright : Martin Noda / Hans Lucas.

 

 

Lecornu veut économiser 54 milliards d’euros sur le prochain budget. Mais pas en puisant dans les bénéfices des entreprises, alors que la France est le deuxième pays du monde en dividendes versés aux actionnaires – 61 milliards d’euros ! Pas en supprimant l’infinité d’exonérations et subventions dont bénéficient les patrons : 211 milliards par an !

Guerre aux plus fragiles

Non, Lecornu va chercher ses milliards dans la poche des retraités en gelant les pensions et en les désindexant par rapport à l’inflation. Alors que les prix flambent ! L’indice des fonctionnaires serait gelé – pour la quatrième année consécutive. Pareil pour les aides au logement. Le gouvernement compte aussi faire la chasse aux arrêts maladie : ce n’est pas aux patrons – responsables de la dégradation des conditions de travail qui en est la cause – que Lecornu s’en prend, mais à leurs victimes ! Et, pour faire un clin d’œil à Marine Le Pen et sa préférence nationale, les travailleurs étrangers subiraient un délai de carence pour l’ouverture de droits, et cotiseraient donc un temps sans avoir droit aux indemnités correspondantes.

Les hôpitaux sont dans un état lamentable ? Pareil pour les écoles ? Ils devront aussi se serrer la ceinture, comme tous les services publics, car leurs budgets seront revus à la baisse… Des exceptions ? Évidemment : le ministère des Armées, largement augmenté : sinon, comment pourrait-il arroser les Dassault et autres Thalès en leur achetant leurs engins de mort ? Bien entendu, ceux de l’Intérieur ou la Justice augmenteront aussi pour pouvoir s’en prendre à ces pauvres qu’il veut ponctionner davantage et qui pourraient se révolter.

Nos armes : les grèves et les manifestations

Il paraît que Marine Le Pen n’est pas d’accord avec Lecornu. Aurait-t-elle découvert qu’on pouvait faire payer les patrons en augmentant les salaires ? Au contraire, elle propose de réduire leurs cotisations sociales et d’en redistribuer une toute petite partie sur le salaire net… Mais sa proposition revient à réduire ce que payent les patrons à la Sécu – qui serait obligée de réduire ses prestations. Les solutions de Le Pen ne s’en prennent jamais au patronat : alors que les prix à la pompe atteignent des sommets, pas question pour elle de s’en prendre aux bénéfices historiques de Total, et elle ne propose que de réduire les taxes.

À gauche, les candidats à la gestion des institutions nous disent que tout ira mieux une fois que nous aurons « bien voté » en 2027. Dans huit mois ? En attendant, on fait comment ? Et quel changement pourrait-il y avoir dans huit mois si aucun ne propose de s’en prendre aux patrons et à leurs actionnaires qui ont le pouvoir de décider des prix et des salaires, quel que soit le gouvernement !

Toutes ces solutions sont bidons. Nous devons défendre nous-mêmes nos intérêts et imposer nos revendications. Le seul moyen, ce sera en bloquant l’économie, et donc les profits, en nous mettant en grève et en manifestant jusqu’à ce qu’ils cèdent. Nous n’avons pas de temps à perdre !

Tous et toutes ensemble contre le gouvernement et le patronat

Les pompiers se mobilisent du 26 au 29 septembre, avec occupation de la place de la République à Paris, puis rejoignent la manifestation du 29 septembre, journée de grève de la fonction publique, déjà rejointe par d’autres professions, comme les cheminots. D’autres journées de mobilisation sont prévues dans différents secteurs. Le gouvernement peut aussi craindre le « retour des Gilets jaunes », avec les manifestations prévues samedi 17 octobre contre les prix des carburants.

Il faut des mobilisations qui convergent en une lutte de tous les travailleurs, vers une grève générale, pas des luttes émiettées. Mais ces premières échéances seront l’occasion de faire grandir le mouvement et préparer cette lutte d’ensemble pour l’augmentation générale des salaires et pensions en prenant sur les profits des patrons.

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 21 septembre 2026

 

 

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