Si, pour cette rentrée scolaire, on a beaucoup parlé dans les médias, à la grande satisfaction de l’Élysée, de l’interdiction des téléphones portables de l’école primaire aux lycées, une autre mesure est par contre passée beaucoup plus inaperçue. À compter de cette année scolaire, une cérémonie commémorative annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » est instituée dans chaque école élémentaire, collège et lycée, publics ou privés sous contrat, y compris au sein du réseau de l’enseignement français à l’étranger. Cette cérémonie se tient, au choix de l’établissement, dans les quatre jours précédant ou suivant le 11 novembre, date de la « Journée nationale de commémoration de la victoire » lors de la Première Guerre mondiale de 1914-1918. Elle concerne l’ensemble des élèves à partir du CM1 et se tient dans l’enceinte de l’établissement. Que l’on force des enfants et des adolescents à prendre part à une cérémonie qui célèbre une boucherie sans nom qui fit environ 18,6 millions de morts à l’échelle mondiale (9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils), auxquels s’ajoutent plus de 21 millions de blessés, est bien dans l’air du temps, résolument belliciste. Comme le notait déjà Anatole France en 1922 : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels. » Rien n’a changé depuis lors. Guerre à la guerre et à toutes ses commémorations !