Au printemps 2025, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale a lancé une enquête auprès de 11 200 élèves de CE2, CM1 et CM2 sur les violences vécues par les écolières et les écoliers. Les résultats, qui viennent d’être publiés, offrent un aperçu de l’ampleur du phénomène. Un tiers des enfants (34 %) a déclaré avoir subi au moins une forme de violence sexuelle ou sexiste à l’école depuis le début de l’année scolaire. Cette proportion atteint même 42 % chez les CE2. Dans le détail, « deux élèves sur dix (22 %) ont été gênés par quelqu’un qui les regardait ou qui voulait les regarder dans les toilettes… La même proportion d’élèves déclare que quelqu’un a essayé de les embrasser, de les toucher ou de les caresser sans leur accord. » Bref, l’école et les plus jeunes ne sont pas épargnés par la violence endémique, sexuelle ou autre, qui touche l’ensemble du corps social. Elle est présente dans la famille, sur les lieux de travail et de loisirs, en privé et dans la rue, et elle ne disparaîtra qu’avec la société patriarcale et sexiste qui l’a engendrée.
