C’est le député RN Jean-Philippe Tanguy qui l’a assuré. En cas de victoire de son parti aux élections de 2027, et après la tenue d’un référendum sur le sujet, « s’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est interdit, elles auront une amende » comme « les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité ». Si l’interdiction du port du voile a toujours été un des dadas de l’extrême droite – notamment dans le cadre de sa lutte contre l’immigration – sa mise en avant a varié selon les circonstances. Les journalistes du Huffpost se sont amusés à documenter le nombre de fois où le Rassemblement national, et le Front national avant lui, avaient changé de position sur le sujet. En 2004, le bras droit de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, s’affirmait « pour la liberté vestimentaire ». La même année, Marine Le Pen s’affirmait contre loi Chirac sur l’interdiction de signes religieux ostentatoires à l’école en déclarant : « On peut parfaitement être contre le voile comme nous le sommes et contre la loi parce que c’est un aveu de faiblesse du gouvernement. » En 2012 cependant, elle réclamait une loi pour interdire le voile islamique et la kippa juive dans les rues. Mais, depuis lors, la kippa a disparu de ses revendications dans la mesure où désormais le RN se veut le meilleur défenseur des Juifs… mais surtout des génocidaires comme Netanyahou. En 2022, entre les deux tours de l’élection présidentielle, la dirigeante d’extrême droite était des plus vagues affirmant à nouveau qu’une loi ne règlerait rien. Jusqu’au retournement récent. En résumé si l’anti-islamisme est une constante du RN, ses virages sur la question montrent que, par opportunisme, il peut se renier du jour au lendemain sans état d’âme.