Fin août, la direction de Volkswagen annonçait 100 000 suppressions de postes et plusieurs sites menacés de fermeture en Allemagne. Deux ans après des grèves courtes et très encadrées, mais massives – plus de 100 000 grévistes – qui avaient mené à un premier compromis, certes pas reluisant, on pouvait s’attendre à une réponse de l’IG Metall. Surprise, quelques jours plus tard, sans un seul appel à la mobilisation, syndicat et patronat présentaient un accord : « seulement » 50 000 suppressions de postes et quelques vagues promesses sur le futur de sites, sans aucune garantie de non-fermeture et l’annonce la vente du site d’Osnabrück à une entreprise d’armement israélienne pour y construire des composantes du dôme de fer.

Mais cet accord à peine conclu, la direction annonçait, fin septembre, la rupture de dix des treize accords d’entreprise au 31 décembre 2026. Ce genre de rupture est commun, pour renégocier en avance des accords, sauf que cette fois c’est une rupture unilatérale et quasi-générale. L’objectif : remettre à plat une grande partie des avantages des salariés, dont la suppression de six jours de congés payés, des primes d’ancienneté (6 000 euros après 25 ans, 12 000 après 35), la renégociation de toute une série de réglementations autour du temps de travail et de primes : l’IG Metall et la presse estiment que les salariés pourraient perdre environ 3000 euros net par an en moyenne.
Cette rupture par la direction relève l’IG Metall de « l’obligation de paix » qui lui interdit d’appeler à des conflits de travail sur des sujets réglés dans des accords. Et si un certain sentiment de fatalité semble avoir entouré les annonces de suppressions de postes sous prétexte de manque de « compétitivité » et de « concurrence chinoise », le « travailler plus pour gagner moins » ne passe pas.

Blessé dans son orgueil par une direction qui contourne l’habituelle « cogestion », mais surtout poussée par une véritable colère des salariés, l’IG Metall annonce des grèves « d’avertissement » – donc réduites en durée pour peser sur les négociations – et pour janvier 2027. Pour aboutir à un nouveau compromis pourri ? Peut-être… Mais l’IG Metall laisse ouvert la possibilité d’une grève illimitée, ce qui serait la première… de l’existence du groupe ! Si la colère qui s’est exprimée lors de la journée d’action de la métallurgie fin septembre débouchait dans une grève des près de 300 000 salariés du groupe, sans parler des 700 000 dans toute l’industrie automobile allemande, ce serait un coup de tonnerre qui pourrait faire basculer le rapport de force, bien au-delà de l’Allemagne !

Dima Rüger