Début septembre, les milices Houthis ont organisé une vaste offensive contre le gouvernement yéménite, réussissant à prendre le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge. En réaction, l’Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement, a repris ses bombardements sur le territoire yéménite, auxquels les Houthis ont répondu par de nouvelles frappes contre la capitale saoudienne et des installations pétrolières.

Des victimes civiles de plus en plus nombreuses

Cette intensification des combats mène à une nouvelle aggravation des victimes civiles. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a affirmé qu’au moins 125 civils ont été tués ou blessés depuis début août. Des milliers de personnes franchissent chaque semaine le détroit de Bab-el-Mandeb pour tenter de rejoindre Djibouti et fuir la guerre. Selon l’ONU, le Yémen connaît une des pires crises humanitaires au monde.

Le Yémen, carrefour des guerres impérialistes

La guerre civile au Yémen a éclaté en 2014, lorsque les Houthis, une organisation chiite active principalement dans les régions montagneuses du nord-ouest du pays, ont pris le contrôle de la capitale, Sanaa. En mars 2015, l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition militaire d’une quinzaine de pays, comprenant notamment les Émirats arabes unis et l’Égypte, pour tenter de reprendre le contrôle du pays. Cette coalition a été activement soutenue et financée par les puissances impérialistes occidentales, notamment l’État français qui a fourni des canons Caesar.

Mais ce conflit a pris une nouvelle ampleur en 2023, lorsque les Houthis, se présentant comme des défenseurs du peuple palestinien, ont lancé des missiles contre Israël et attaqué les navires occidentaux franchissant le détroit de Bab-el-Mandeb, voie indispensable au commerce maritime mondial. Les États-Unis et Israël sont alors directement intervenus pour bombarder les Houthis, menant à de nouvelles pertes civiles. Ces bombardements n’ont pas affaibli les Houthis.

Les mobilisations populaires seules peuvent faire cesser ces guerres

Même s’ils s’affichent comme des soutiens du peuple palestinien, les Houthis ne sont en rien une organisation progressiste. En 2014, lors de leur offensive contre Sanaa, ils n’ont pas hésité à s’allier à l’ancien président Ali Abdallah Saleh, chassé du pouvoir en 2012 par les manifestations populaires, après avoir tué plus de 300 personnes dans leur répression.

La population yéménite est la première victime des ingérences impérialistes dans la région. Mais elle ne reste pas inerte. Alors qu’en 2012, elle avait été capable de chasser Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 30 ans, l’an dernier, les femmes yéménites ont multiplié les manifestations contre les remises en cause de leurs droits, aussi bien de la part du gouvernement officiel que des Houthis.

Aurélien Perenna