Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a transmis à son homologue de l’Intérieur Laurent Nuñez (tout en la faisant fuiter à la presse) une note qui détaille des défaillances majeures dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants. Et la litanie des manquements divers et variés est longue : dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs etc. Selon le Garde des Sceaux ces manquements seraient « d’ordre structurel », et tiendraient à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain ». On est heureux de l’apprendre. Et maintenant ? Rien ! Ou plutôt les deux ministres veulent se donnent le temps de la réflexion avant de proposer des mesures concrètes. Quant à prendre le problème à la racine – c’est à dire notamment changer la place et l’image de la femme et de l’enfant dans la société et faire de l’éducation à une sexualité saine une priorité dès l’école – on n’en prend pas le chemin.