Paris, 24 octobre 2026

Avant le 17 octobre, c’étaient les bureaucraties syndicales qui tentaient d’imposer leurs parcours de manifestation à la jeunesse mobilisée. Mais la démonstration de force de l’interfacs et de la coordination lycéenne Paris-banlieue mardi 13 octobre, qui avaient réuni entre 30 000 et 50 000 jeunes à Hôtel de Ville alors que l’intersyndicale appelait à place d’Italie (voir Révolutionnaires no 65), a achevé de convaincre la préfecture que les appareils syndicaux étaient loin de dicter leurs volontés à ce mouvement.

Elle a donc pris le relais en interdisant le parcours déposé le 17 octobre par l’interfacs et un collectif de Gilets jaunes qui se faisaient le relais de la volonté de la jeunesse de manifester vers les lieux de pouvoir. Interdit d’aller à Concorde (près de l’Élysée), rue du Bac (Matignon), et même place de la Bourse. Les directions syndicales ont finalement accepté un parcours classique, de République à place Clichy. Avec le résultat qu’on connaît : une foule de manifestants impossible à contenir dont certains sont arrivés à quelques mètres de l’Élysée.

Jeudi 22 octobre, l’interfacs avait décidé d’une manifestation vers les lieux de travail : hôpital de la Pitié, gares d’Austerlitz et de Lyon. Nouvelle interdiction de la préfecture. Ne se résignant pas d’avance à prendre le risque (parfois nécessaire) de braver l’interdiction, l’interfacs a saisi le tribunal administratif qui lui a donné raison. Mais la préfecture s’est moquée de cette décision et a repris une interdiction « partielle », bloquant le rassemblement qui avait débuté avec des CRS et leur canon à eau. Succès du rassemblement qui a réuni plus de 2 000 jeunes et quelques travailleurs dans ces conditions !

Samedi 24, la préfecture a de nouveau interdit le parcours déposé par les jeunes et les Gilets jaunes. Mais cette fois, elle a aussi baladé les directions syndicales en les envoyant au dernier moment défiler quasiment sur le périphérique. Macron prétendait jeudi 22 qu’il n’accepterait plus les parcours déposés par des « gens non légitimes » en pensant notamment à l’interfacs ou aux Gilets jaunes… Mais il n’a pas fallu deux jours pour qu’il s’en prenne aussi aux « corps intermédiaires » syndicaux bien établis. À bon entendeur !

Correspondants