Il en fallait du courage pour écouter sans somnoler, mercredi 23 septembre, le premier « grand débat » télévisé des primaires socialistes. Trois heures et demie !

À part lorsqu’une Ségolène Royal, soutenant de fait Olivier Faure, faisait un peu rire en qualifiant Raphaël Glucksmann de « stagiaire », elle qui se dit forte de sa longue expérience au service de l’État : n’a-telle pas été notamment de 2017 à 2020 ambassadrice pour les pôles, arctique et antarctique, nommée par son ami d’alors le président Macron.

Ou lorsqu’on pouvait entendre un Glucksmann préférant, pour modérer le prix de l’essence, un triplement du chèque énergie à une mesure plus générale de réduction des prix, pour « éviter que les bourgeois [en profitent pour] leurs SUV » : un milieu qu’il connait, tant il y a baigné, notamment lorsqu’il était conseiller pendant quelques années du président géorgien Saakachvili, vivant dans la haute société et allant rencontrer Trump (pas encore président) pour l’inciter à construire une Trump Tower dans la station balnéaire de Batoumi.

Et si tous, étiquette socialiste oblige, avouaient que le Smic était trop bas, chacun cherchait sa recette pour augmenter les salaires sans prendre dans la poche des patrons, par exemple baisser la CSG pour rapprocher le net du brut, selon Glucksmann, faire une « sécurité sociale alimentaire » pour faire la charité aux salariés du bas de l’échelle, selon Olivier Faure.

Leur seul vrai cauchemar, et point de rupture : « Que faire de la FI ? » Faure pense surtout aux législatives d’après où sans alliance les socialistes risquent de tout perdre. Glucksmann préfère lorgner vers un centre droit.

15 euros le droit de vote pour les départager. Avis aux amateurs !

Olivier Belin