Traduction d’un article du site des militants de Speak Out Now, 30 août 2026.
De son vivant comme après sa mort, Dolly Parton reste une icône incarnant des valeurs que nous partagions. Ses talents, notamment en tant que chanteuse et compositrice, ont captivé des millions de personnes. Son humilité, son honnêteté et sa générosité ont conquis nos cœurs et nos esprits.
Les messages de Dolly transparaissaient souvent dans sa musique. Son engagement contre l’exploitation et l’oppression des travailleuses était inébranlable et s’est notamment illustré par sa chanson 9 to 5 en référence aux horaires de bureau des employées. La chanson fut rendue populaire en figurant au générique de la comédie « working class » et antisexiste au titre inspirant, Comment se débarrasser de son patron, sorti en 1980. Dans ce film, Dolly Parton partageait l’affiche avec Jane Fonda et Lily Tomlin, mettant en lumière les difficultés des employées de bureau. La chanson et le film s’inspiraient du mouvement populaire « 9to5 » mené par l’Association nationale des femmes active au début des années 1970.
Ses préoccupations se reflétaient souvent dans ses déclarations publiques et ses actions philanthropiques : elle dénonçait le racisme systémique, l’oppression des personnes LGBTQ+, et combattait pour l’éducation, l’environnement, et se positionnait en faveur des luttes de la classe ouvrière en général.
Dolly avait mis par exemple en place un programme de livres gratuits pour enfants, « Imagination Library ». Gratuit et sans justificatif de revenus, le programme permettait à tous de recevoir un livre par mois. Au vu de sa carrière musicale, elle aurait pu être bien plus riche qu’elle ne l’était ; mais elle a consacré son argent à des programmes de base dont tout le monde pouvait bénéficier sans avoir à se plier à des formalités administratives fastidieuses.
Dans un monde capitaliste qui encourage chacun à ne penser qu’à soi, Dolly incarnait une autre vision et le public l’adorait pour cela.
Elle se disait politiquement neutre, c’est-à-dire neutre entre démocrates et républicains. Elle a refusé la médaille présidentielle de la Liberté qui lui a été proposée tant par le président Trump que par le président Biden. Beaucoup considèrent que, issue d’un milieu ouvrier dans lequel elle a forgé ses valeurs, elle est restée fidèle à celles-ci en refusant ces médailles d’honneur. Un cynique pourrait dire qu’elle souhaitait conserver le plus large public possible pour ses activités commerciales. Mais, malgré les pressions liées au succès commercial, Dolly a su faire preuve d’une cohérence extraordinaire dans les messages qu’elle véhiculait à travers son art et ses actions philanthropiques.
Tant à droite qu’à gauche, beaucoup ont exprimé leur amour pour Dolly à l’annonce de sa mort. Une caricature publiée au lendemain de sa mort dans la presse montrait deux personnes, l’une qualifiée de « rouge » et l’autre de « réac », se tenant la main et levant les yeux vers le nom de Dolly formé d’étoiles dans le ciel. C’est peut-être un bon résumé de son positionnement. Dolly défendait les exploités et les opprimés, qu’elles et ils partagent ou non ses opinions politiques. Elle exprimait l’optimisme selon lequel nous pourrions nous organiser ensemble pour bâtir un monde sans exploitation, ni oppression, sans guerre et destructions climatiques.
À ce lien, une vidéo de Dolly Parton interprétant « Peace Train » de Yusuf-Cat Stevens avec Ladysmith Black Mambazo. Et à ce lien, sa célèbre chanson « 9 to 5 ».
