
Vendredi 30 octobre, à l’occasion de la journée de grève générale de l’Unione Sindacale di Base (USB), du nord au sud du pays, dans une soixantaine de villes, des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue à l’appel de l’USB et d’autres syndicats de base. Les cortèges de travailleurs et de retraités, étaient renforcés par une énorme présence de la jeunesse. Depuis maintenant plus d’un mois, les lycées et les universités sont en ébullition, avec des lycées occupés, des assemblées dans les universités et des campements devant des rectorats pour protester contre le prix des loyers.
Partout, les principaux slogans étaient dirigés contre les coupes budgétaires dans l’enseignement, la santé et les services publics, contre le réarmement et la vie chère, (l’Institut national des statistiques vient officiellement de publier une inflation de 5,4 % sur un an).
Malgré les ordres de réquisition émis par Salvini, ministre des Transports, des employés des transports ont rejoint la grève, s’exposant à un risque d’amendes. La réponse du gouvernement et de sa police a été les matraquages, l’usage de canons à eau contre certains cortèges et l’annonce d’une enquête visant des manifestants pour avoir bloqué une ligne de tramway, à Milan ; 23 perquisitions ont également eu lieu chez des personnes qui auraient incité sur les réseaux sociaux à des violences lors des manifestations.
Ce 30 octobre également, dans 113 ports de 22 pays, une grève avait lieu à l’occasion de la seconde journée internationale de mobilisation contre le trafic d’armes, particulièrement suivie en Méditerranée. En Italie, à Gênes, Livourne, Trieste… les travailleurs portuaires ont bloqué les quais et se sont unis aux manifestations.
Le principal syndicat italien, la CGIL, absente de cette mobilisation, appelle de son côté à une journée de grève nationale pour le… 20 novembre. Même si le Parti démocrate se sent quand même obligé d’écrire ce commentaire, « l’Italie dans les rues pour demander un futur », pour les partis politiques de l’opposition, le seul horizon est la prochaine échéance électorale.
Mais rien ne dit que la colère qui s’est exprimée massivement le 30 octobre ait l’intention d’attendre leurs calendriers.
Thierry Flamand
