Le datacenter de la NSA dans l’Utah

 

 

Ci-dessous la traduction de l’éditorial d’entreprise des bulletins des camarades de Speak Out Now du 16 août 2026

 

 

Partout dans le pays, aussi bien dans les petites villes que dans les grandes métropoles, des milliers de personnes ont rempli des salles municipales ou manifesté dans les rues pour protester contre les immenses data centers en cours de construction dans leurs communes. Un sondage Gallup a révélé que sept Américains sur dix s’opposent à l’implantation de ces data centers dédiés à l’intelligence artificielle (IA) dans leur région.

Pendant ce temps, les géants de la tech et les gouvernements qui servent leurs intérêts poursuivent à tout-va la construction de ces data centers, détruisant forêts et terres agricoles, afin de les mettre en service le plus rapidement possible. Bon nombre de leurs permis prévoient la construction de nouvelles installations énergétiques fonctionnant aux combustibles fossiles, telles que de nouvelles centrales à charbon ou au diesel. Beaucoup de ces projets sont proposés à proximité de grands fleuves ou de plans d’eau, afin de s’approvisionner en eau douce courante nécessaire au refroidissement des serveurs très gourmands en énergie.

Cette ruée massive vers la mise en place de ces installations assourdissantes, grandes consommatrices d’eau et d’énergie est motivée par la spéculation colossale sur l’IA. Pour que l’IA soit rentable, cette technologie nécessite des quantités faramineuses de données, d’énergie, d’eau et de minéraux de terres rares utilisés pour la fabrication des puces.

Les capitalistes se livrent à une course effrénée pour être les premiers et les meilleurs à développer et à mettre en œuvre une IA suffisamment puissante pour dominer les futurs développements économiques mondiaux. La concurrence entre les capitalistes américains et chinois ne cesse de s’intensifier. L’économie chinoise et ses avancées technologiques surpassent l’économie américaine, en stagnation dans de nombreux domaines. Une tension croissante et manifeste s’installe autour du contrôle des gisements de terres rares et d’autres minerais. L’exploitation minière de ces minerais ravage de vastes régions d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale, d’Amérique du Nord et d’Afrique.

L’énorme demande en énergie nécessaire au fonctionnement des gigantesques centres de données a accéléré l’extraction des combustibles fossiles partout dans le monde. La guerre actuelle menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran en est une conséquence directe, et d’autres ne manqueront pas de suivre.

Le mépris pour tout ce qui ne génère pas de profits fausse les possibilités d’utiliser l’IA à des fins utiles. L’IA entre les mains des capitalistes sera toujours conçue et mise en œuvre dans l’intérêt du profit et du pouvoir. Leur objectif est d’accroitre la productivité et de nous contrôler via des dispositifs de surveillance et de maintien de l’ordre, le tout en épuisant les ressources mondiales dont nous avons besoin pour vivre.

L’IA est utilisée pour faire progresser la technologie militaire afin de cibler, de traquer et de tuer leurs ennemis déclarés, ainsi que des milliers d’autres personnes dans ce que les gouvernements appellent des « dommages collatéraux ». Elle sert à collecter le moindre renseignement possible à notre sujet pour alimenter leurs bases de données, afin de mieux nous exploiter et nous surveiller. Elle est utilisée sur les lieux de travail pour suivre et accélérer le rythme de travail afin de maximiser la production. Et ceux qui travaillent sur ordinateur sont de plus en plus souvent contraints d’utiliser l’IA – en l’entraînant à faire leur travail. L’IA nous isole également les uns des autres lorsque nous sommes obligés d’interagir avec elle plutôt qu’entre nous. L’IA nous est imposée, que nous y consentions ou non.

Nous ne sommes pas obligés d’accepter cela. Tout comme d’autres avancées technologiques, l’IA pourrait être utilisée pour répondre aux besoins de la majorité tout en ayant un impact minimal sur nos écosystèmes. L’IA peut nous aider à analyser des données complexes et à résoudre des problèmes logistiques afin de garantir une utilisation optimale des ressources pour satisfaire les besoins fondamentaux de chacun. Elle pourrait ouvrir des perspectives pour relever les défis complexes auxquels nous sommes confrontés – de l’impact des plastiques sur la santé des êtres vivants au remplacement des tâches monotones –, nous donnant ainsi le temps de vivre pleinement nos vies.

Cela ne peut pas se produire et ne se produira pas dans le cadre du capitalisme. Mais l’histoire nous enseigne que les régimes oppressifs sont faits pour tomber. Des dizaines de millions de personnes remettent en question l’utilisation de l’IA. L’opposition à l’IA ne suffira pas à elle seule à instaurer le type de société dont nous avons besoin mais en remettant en cause le droit des milliardaires à détruire nos environnements et nos vies, elle peut amener un nombre croissant de personnes à réfléchir à la nécessité d’un autre mode de vie. Nous pouvons y contribuer en nous organisant. Partout où nous sommes, nos réunions publiques et nos manifestations peuvent être un point de départ pour tisser les liens nécessaires afin de prendre notre avenir en main.