L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. lI va maintenant être soumis aux sénateurs. Mais les associations qui se sont battues pour ce texte déplorent la disparition des articles qui prévoyaient l’interdiction de prononcer une obligation de quitter le territoire français (OQTF) contre une femme étrangère ayant porté plainte pour violences sexuelles tant que la procédure pénale n’était pas terminée. Le titre de séjour constitue en effet le premier outil de contrôle coercitif entre les mains des agresseurs. Beaucoup de femmes étrangères risquent de perdre leur titre de séjour lorsqu’elles quittent un conjoint violent. C’est pourquoi sans accès autonome au séjour, au logement et au travail, nombre de victimes n’ont d’autre choix que de retourner chez leur agresseur, faute d’alternative. Ce sont ces femmes que le texte de loi était aussi supposé protéger. Reprenant la rhétorique du Rassemblement national, Aurore Bergé – la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations – a abondé dans les déclarations nauséabondes parlant d’« appel d’air à l’immigration », de la prétendue création d’une « nouvelle filière d’immigration » ou d’un « effet d’aubaine ». Mais ce n’est pas la première fois qu’en macronie, une ministre fait le boulot de l’extrême droite.
