« Nos vies méritent d’être vécues, pas abattues – Non au permis de tuer ! » : 20 000 personnes ont défilé le 20 septembre à Paris contre la loi votée à l’Assemblée affirmant une présomption de légitime défense pour les flics faisant usage de leur arme… À Marseille, Lyon, Toulouse, ce sont 50 000 personnes qui ont défilé contre cette loi qui blanchit par avance une police qui, comme l’ont montré des cas de plus en plus nombreux, a la gâchette facile : de 2005 à 2025, 162 décès sont survenus suite à un contrôle ou une tentative de contrôle de police.

Ci-dessous, le texte du tract diffusé par les militants du NPA-Révolutionnaires à la manifestation de Lyon de dimanche dernier.

 

 

Jean-Marie Le Pen en avait rêvé, la droite républicaine l’a proposé, le gouvernement l’a fait : sur invitation de Nuñez, le ministre de l’Intérieur, les députés ont voté au début de l’été en faveur d’un « permis de tuer » pour les policiers. Ceux qu’on nous présente à chaque élection comme des remparts face à l’extrême droite sont en réalité ses serpillères. Lors du vote, des militants contre les violences policières présents à l’Assemblée nationale ont scandé « Pas de justice, pas de paix ». À raison : l’injustice de cette loi qui blanchit d’avance les assassins en uniforme donne envie de leur faire la guerre.

Police et gendarmerie peuvent déjà utiliser leur pistolet un peu comme ils le veulent. Une loi de 2017, votée sous le socialiste Hollande, les autorise ainsi à tirer sur un automobiliste qui refuse d’obtempérer et dont ils jugent qu’il pourrait poser un problème dans un avenir immédiat… C’est large ! Le nombre de tirs mortels sur des personnes à bord d’un véhicule a d’ailleurs quintuplé depuis 2017.

Et même quand leurs tirs sont « illégaux », ils ne risquent rien. Les procureurs ne poursuivent pas, les enquêtes ne sont pas menées, on laisse les criminels détruire les preuves et s’entendre sur « leur » version des faits. Quand les affaires prennent de l’ampleur, comme lors du meurtre de Nahel ou de la répression de Sainte-Soline, la machine médiatique enclenche sa musique du soutien total et inconditionnel aux forces de l’ordre. Tout un système couvre la police et la gendarmerie dans ses œuvres.

Et qui sont-ils, d’ailleurs, ces petits soldats à qui l’on fournit les moyens de nuisance et la bénédiction pour les employer ? On savait déjà que les contrôles d’identité, facilités depuis les années 1980-1990 par les lois Pasqua, se font principalement au faciès. Plus récemment, les enregistrements parmi la police municipale de Carcassonne ou l’arrestation d’un policier d’extrême droite qui préparait un attentat dans les Yvelines ne sont pas des cas isolés mais les fruits pourris d’un racisme d’État qui infecte les commissariats et sélectionne les pires crapules pour revêtir l’uniforme.

Cette loi « permis de tuer » nous rappelle, du reste, que la peine de mort n’a jamais vraiment été abolie en France et qu’elle frappe encore régulièrement notamment des jeunes des quartiers ouvriers ciblés pour leur apparence physique.

Et si la police et la gendarmerie sont laissées à ce point en liberté, si chacun de leur crime est non seulement toléré mais même encouragé, c’est parce qu’en fin de compte le gouvernement et les bourgeois dont il défend les intérêts savent qu’ils ont besoin d’un bras armé pour maintenir leur ordre social, à la fois pour réprimer les classes populaires quand elles luttent mais aussi pour les maintenir en respect voire les terroriser dans leur vie de tous les jours. Il ne suffira donc pas, comme le réclament LFI et Mélenchon, de réformer la police en ressuscitant celle de proximité ou de la mettre sous le contrôle d’une instance « indépendante » qui risque d’être toujours gangrenée par la raison d’État. Il faut, au contraire, nous organiser nous-mêmes et nous préparer à nous affronter à ces forces de l’ordre capitaliste avec comme objectif de renverser leur société pourrie… et tous les miliciens qui la défendent.