Le mois d’octobre sert traditionnellement de cadre à une campagne de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, diagnostiqué chaque année chez plus de 60 000 femmes dans le pays, et permet de faire de la prévention auprès de la population. D’où le nom d’Octobre rose qui voit de nombreux rassemblements et manifestations, soutenus par les pouvoirs publics, les municipalités et le corps médical. Mais cette année, la députée insoumise Mathilde Panot a refusé de porter le ruban rose associé à la campagne, pointant du doigt que l’opération est sponsorisée par des grands groupes dont certains sont directement responsables de pollutions responsables des cancers. Critique identique de la part du collectif Cancer colère créé l’an dernier au moment de la contestation contre loi Duplomb qui visait à réintroduire l’utilisation des néonicotinoïdes dans l’agriculture, insecticides hautement cancérigènes. Dans un tract, le collectif dénonce l’opération de sensibilisation annuelle comme une « imposture des pollueurs et des pouvoirs publics pour ne jamais s’attaquer aux causes environnementales de nos cancers » en privilégiant la seule responsabilité personnelle des femmes dans leur hygiène de vie ou leur manque de vigilance. Une critique qui touche juste au moment où une directive européenne vise à étendre le recours aux pesticides et que la « loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » promulguée en août dernier va ouvrir les vannes aux produits polluants utilisés en agriculture.