L’historien Vincent Lemire, professeur d’histoire contemporaine à l’université Gustave Eiffel, s’est penché sur la répression anti-lycéenne en cours en montrant qu’elle dépassait de loin tout ce que l’on avait connu dans l’histoire récente. Il explique : « 5 060 gardes à vue en deux semaines de mouvement, c’est presque autant qu’en douze mois de Gilets jaunes, deux fois plus que pendant la mobilisation anti-contrat première embauche (CPE) de 2006, vingt fois plus que pendant la manifestation anti-contrat d’insertion professionnelle (Smic jeunes) de 1994 et cinquante fois plus qu’en mai 68 ». Et si on actualise ces chiffres, on aboutit à au moins 6 877 placements en garde à vue dont 86 % de mineurs principalement des jeunes âgés de 15 et 16 ans. Sans compter plus de 200 lycéens blessés, certains grièvement. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a bien gagné le titre de premier boucher de France.
