Nos vies valent plus que leurs profits

23 000 vies — film de Markus Goller

23 000 vies, film de Markus Goller
Disponible sur Netflix

 

 

Sorti sur Netflix le 17 juillet, et avec dans le rôle principal Louis Hofmann, qui avait participé a la campagne de solidarité aux migrants « Los für Lesbos » en 2020, ce film retrace le parcours de l’ONG allemande Jugend Rettet (La jeunesse sauve).

Ce groupe d’étudiants, fondé en 2015 à Berlin, et actif jusqu’en 2017, avait affrété un bateau, le Iuventa, pour porter secours aux migrants en Méditerranée, sauvant environ 23 000 personnes.

En août 2017, le bateau est saisi par les autorités italiennes, qui accusent les jeunes militants d’être « complices des passeurs » et d’avoir refusé d’effectuer leur mission avec des policiers à bord. Risquant jusqu’à vingt années de prison, ils seront finalement relaxés en 2024.

Le film permet de mettre des visages et des parcours de vie derrière celles et ceux souvent réduits au simple qualificatif de « migrants ». Car si ces jeunes et ces travailleurs risquent leur vie à travers la Méditerranée, c’est bien pour fuir la misère produite par un capitalisme toujours plus barbare, qui sème guerres, misère et exploitation pour remplir les poches des impérialistes.

Les États européens, eux, continuent leurs politiques racistes mortifères. L’agence Frontex a ainsi vu son budget passer de 19 millions d’euros en 2006 à 460 millions en 2020 et à plus de 920 millions en 2024. Ces millions dépensés pour s’en prendre à ceux qui fuient la misère remplissent les poches des patrons d’entreprises comme Glock (qui a vendu pour 3,76 millions d’euros de pistolets pour les agents de Frontex) ou Airbus (pour les drones de surveillance).

En juin dernier, le Parlement européen votait une loi raciste de plus, permettant d’installer des « hubs de retour » en dehors des frontières de l’UE, tandis que plus de 30 000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée depuis 2014.

Alors que l’heure est aux discours racistes les plus rances au sujet des migrants passant par l’enclave de Ceuta, ce film permet de montrer qu’il existe aussi des solidarités entre les travailleurs et les jeunes face à la barbarie engendrée par les frontières et le nationalisme. Un gage d’espoir pour l’avenir.

Léonard Valot