Des dizaines de personnes, lycéens, parents d’élèves, enseignants, militants de la FCPE, du secours populaire, de Solidaires, de la CGT, du PCF, du NPA-R ou encore de la FI se sont rassemblés devant l’hôtel social « Thorez » pour empêcher l’expulsion de familles avec des enfants en bas âge et scolarisés.
Le propriétaire marchand de sommeil présente en toute illégalité les factures aux familles, qui ont pourtant été orientées par le Samu social (115). Et quelles factures ! Presque 750 euros pour 12 jours dans une chambre avec les rats et les cafards pour colocataires. Cinq personnes dont trois enfants sont logés dans une pièce !
Les solutions alternatives proposées par le Samu social ne tiennent pas la route et créent des situations ubuesques comme des séparations de couples et de fratries dans des villes différentes. Une famille logée à Ivry a ses enfants scolarisés depuis des années à Champigny, à 1 heure 30 en transports en commun.
Une mère a témoigné que sa fille l’appelle chaque soir en sortant du collège pour savoir à quelle adresse ils dormiront le soir.
Le réseau des marchands de sommeil s’est modernisé et « ubérisé ». Une entreprise comme Atria par exemple sert d’intermédiaire pour recenser les places dans les mal nommés « hôtels sociaux » et les proposer aux associations et institutions du logement d’urgence.
Pendant que ce genre de parasite s’engraisse, 2200 enfants dormiront ce soir comme chaque soir à la rue et 350 000 personnes sont dépendantes du logement d’urgence.
Des salariés du Samu social de Paris présents au rassemblement ont apporté leur soutien aux familles déboutées du « 115 » (le numéro d’urgence logement). Ces salariés ont fait 57 jours de grève cet été, avec le soutien des syndicats dont la CGT et ont occupé leur lieu de travail avec les familles à la rue et des associations de mal logés et de migrants comme Utopia 56. Cette grève a permis d’obtenir des relogements pour les familles et des augmentations de salaire et de primes pour les salariés.
Depuis, le gouvernement a annoncé des coupes claires de 50 millions dans le logement d’urgence en Île-de-France, amputé du budget prévisionnel de l’année en cours, 2026 ! Cela représente 5000 nuitées d’hôtel en moins d’ici décembre. Et il prévoit le double de coupes pour le budget 2027.
Pour tous les parents et salariés mobilisés, le lien est évident avec le mouvement en cours des lycéens contre l’éducation à deux vitesses. Contre le logement à deux vitesses et contre toute cette société à deux vitesses !
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