Mardi 15 septembre, des milliers d’étudiants se sont mobilisés partout en France contre l’augmentation des frais d’inscription et la suppression des APL pour les étudiants étrangers « hors Union européenne ». Alors que le gouvernement essayait de faire passer ses mesures tranquillement pendant l’été, la colère prend racine.
Une rentrée agitée qui n’attend pas 2027
L’agitation étudiante a pris des formes multiples en cette rentrée universitaire ce 15 septembre. À Paris et Rennes, plus de 1500 et 1600 étudiants et membres du personnel ont respectivement battu le pavé. Des assemblées générales (Bordeaux Montaigne, Aix), des déambulations, rassemblements dans les campus ou centres-villes (Strasbourg, Caen, Lille 2, Rouen, Lyon, Nantes, Marseille, Montpellier, Grenoble…), des blocus (Lille 3, lycée Pasteur à Besançon…). Les collectifs de sans-facs en lutte de Nanterre, Grenoble, Lille, Lyon et Metz qui se battent pour obtenir des inscriptions se sont aussi joints au mouvement.
Pour les étudiants mobilisés, il est clair que ces mesures racistes et xénophobes ne sont qu’une première étape avant une généralisation complète de ces attaques à l’ensemble des étudiants, étrangers ou non. C’est le sens des dernières « assises de l’enseignement supérieur » ou du rapport sénatorial rendu public le 7 septembre, qui prévoit de nombreux autres reculs. Suppressions massives de places, remise en question du droit à la poursuite d’études en master, suppression du bac comme diplôme d’accès à l’université et tri encore plus raciste des étudiants étrangers. Une véritable provocation pour voir si les étudiants réagissent ! Ils veulent faire des économies sur notre dos pour donner cet argent au patronat ou à l’industrie de l’armement. Mais le 15 aussi était une étape : dès le lendemain des assemblées générales se préparent dans les facs, comme à Caen, Grenoble et Tours.
Hors de question d’accepter de devenir de la chair à patrons ou de la chair à canons. L’argent, il faut le prendre dans les caisses des capitalistes pour la gratuité des facs et ouvrir des places pour tous les enfants d’ouvriers et les étudiants étrangers ! C’est une autre société qu’il faut défendre, et qui se construit dans les luttes. Contre la police qui, même quand elle tue est bien rarement inquiétée, contre le dérèglement climatique… Le 29 septembre, les travailleurs de la fonction publique appellent à la grève et sont rejoints par les sapeurs-pompiers et les organisations de jeunesse. Cette grève peut être l’occasion de sortir à nouveau dans la rue et d’agréger nos forces, d’autant plus que le mois d’octobre pourrait lui aussi devenir rouge, avec un renouveau Gilets jaunes ? Rappelons-nous que l’application de l’augmentation des frais d’inscription avait été repoussée en 2018 sous l’effet d’un mouvement étudiant massif, en pleine explosion Gilets jaunes. Faisons encore mieux.
Stefan Ino
