Ci-dessous un article du site de France 3 Paris Ile-de-France

 

 


Olivier Badin, le 10/09/2026

Suite à l’ouverture à la concurrence des lignes de bus franciliennes, l’entreprise Keolis via une filiale a repris l’exploitation des dépôts de bus de Vitry-sur-Seine et Ivry depuis 1er août dernier. Des salariés dénoncent un climat social dégradé. Ils ont entamé depuis ce jeudi matin une grève de 48 h.

Pas ou peu de bus sur le réseau Seine Grand Orly, de la Communauté de Communes du Val d’Essonne et de la Communauté de Communes des Deux Vallées (CC2V). Conséquence d’une grogne sociale depuis le transfert des lignes au nouvel opérateur.

Selma Labib est conductrice de bus chez Keolis et déléguée syndicale pour la CGT. Elle revendique ce jeudi un mouvement suivi à « entre 60 % et 70 % dans les dépôts d’Ivry et Vitry ». Elle répond à nos questions pour mieux comprendre les raisons de ce mouvement social.

Quelles sont les raisons de votre mouvement social ?

Selma Labib dénonce « des retards de paies, des conditions de travail dégradées, une visibilité désormais très réduite des plannings, l’installation aux terminus d’écrans en guise de pointeuse ainsi qu’un matériel vétuste. Ce qui n’est pas étonnant, certains des bus que nous utilisons ayant parfois plus de quinze ans. Et comme il y a aussi des problèmes de commandes de pièces, il y a régulièrement des pannes ou par exemple des systèmes de climatisation hors d’usage, ce qui posé beaucoup de problèmes cet été avec des températures avoisinant parfois les 45° dans l’habitacle. La coupe est vraiment pleine ! »

En quoi le climat social s’est-il dégradé ?

Selma Labib parle également d’une « multiplication de provocation de la part de la nouvelle direction » depuis le 1er août ayant motivé cette grève.

« Lorsque nous avons voulu lancer notre préavis de grève, la direction nous a refusé le droit de grève et sorti un communiqué menaçant en disant que tout participant serait sanctionné. Lorsque les salariés veulent s’exprimer, on leur répond donc qu’ils n’ont pas le droit, » affirme la déléguée syndicale. Dans la ligne de mire également, une « prime de mobilisation qui sera versée en décembre à ceux qui n’ont pas eu d’arrêts maladie ni fait grève dans l’année ».

Quelles sont les répercussions sur le trafic ?

Selma Labib revendique « 250 grévistes rien qu’au dépôt d’Ivry qui compte 380 chauffeurs » ainsi que sur les dépôts du T9 et de Villeneuve « appartenant depuis plus longtemps à Keolis et où le taux de grévistes est inférieur car cela fait longtemps que la direction y met la pression sur les salariés ».

Conséquences du mouvement de grève, 11 des 29 lignes du secteur Seine-Orly dans le Val-de-Marne ne circulent pas. Il n’y a par exemple aucun trafic sur les lignes TZen 5, 27,126, 132, 28, 62, 120, 286, N 21, N 22 et N 23 et cela pendant ces deux jours. Les dix-huit lignes restantes sont, elles, annoncées comme « très perturbées ».

De son côté, contactée par ICI Paris Île-de-France, la direction de Keolis affirme que, « ce conflit est dû au changement de règles et d’opérateur lors de toute bascule ». De son côté le donneur d’ordres, IDF Mobilités, demande à ce que direction et syndicats « trouvent les solutions pour ne pas pénaliser les usagers ».