Signaler le dysfonctionnement de l’alarme incendie, alerter sur le manque d’accompagnement d’élèves en situation de handicap (AESH), être syndiqué, défendre les droits de ses collègues… et être en conséquence suspendu, non renouvelé, sanctionné. Ça se passe comme ça dans l’Éducation nationale !

Dans les Bouches-du-Rhône, sept membres de l’Éducation nationale, tous syndiqués à la CGT, sont victimes de mesures de répression en cette rentrée. Leurs fautes : être attentif à l’accueil et l’accompagnement de leurs élèves et aux droits des travailleurs.

Pour trois d’entre eux, professeurs des écoles à Aubagne, l’annonce s’est faite brutalement à la veille de la reprise. La convocation et la mesure de suspension conservatoire de quatre mois sont même tombées le 31 août, jour de la rentrée des enseignants. Cela sonne comme un avertissement à toutes celles et ceux qui se battent au quotidien pour leurs élèves et leurs conditions de travail.

C’est que, dans cette académie comme dans bien d’autres, le climat est de plus en plus répressif, envers le personnel comme envers les élèves qui, l’an passé à Marseille, avaient été photographiés pour être identifiés lors d’un simple sit-in par l’inspecteur d’académie lui-même.

Dans les écoles, on invoque de plus en plus souvent, et à tort, le devoir de réserve des enseignants. En effet, la hiérarchie, ou ceux qui pensent lui appartenir, laissent de plus en plus souvent croire qu’il est interdit de dénoncer les dysfonctionnements de nos établissements ou de s’opposer, par exemple, aux fermetures de classe. Or, prendre position contre la baisse des moyens, ne pas laisser un élève en situation de handicap se faire exclure de la cantine faute d’accompagnement humain, tout ça est légal. Quant à signaler et dénoncer la mise en danger des élèves, c’est non seulement légal, mais obligatoire ! Et parce que le personnel enseignant et non enseignant entend bien défendre ses droits, la CGT appelle dès le mardi 15 septembre à un jour de grève et à un rassemblement devant la direction académique des Bouches-du-Rhône.

Si les directions des académies ne veulent pas de vagues, nous avons, nous, tout intérêt à faire monter la pression pour faire reculer la répression.

Correspondant